NOUVELLES
20/10/2016 02:35 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Au musée Picasso de Barcelone, hommage aux sauveurs du cubisme pendant la Grande Guerre

Le musée Picasso de Barcelone présente à partir de jeudi l'exposition "Cubisme et guerre", consacrée à la survie et à l'évolution de ce mouvement artistique dans le Paris meurtri par la Première Guerre mondiale.

Né à la veille de la guerre de 1914-1918, le mouvement cubiste "aurait pu être interrompu par la guerre, mais on l'a maintenu en vie. On ne l'a pas laissé se figer et mourir. C'est extraordinaire avec cette catastrophe, ce massacre, si proches", a expliqué à l'AFP le commissaire de l'exposition, Christopher Green.

L'exposition ouverte jusqu'au 29 janvier, composée d'oeuvres venues de musées comme le MoMA de New York, le Centre Pompidou de Paris ou la Tate Modern de Londres, revient sur la production cubiste de 1913 à 1919 d'artistes comme l'Espagnol Pablo Picasso, le Mexicain Diego Rivera ou les Français Henri Matisse, Georges Braque et Fernand Léger.

Ces deux derniers, mobilisés pour la France, connurent l'enfer des tranchées, mais les autres subirent tout de même le conflit dans un Paris à une centaine de kilomètres du front, frappé par le froid et les pénuries.

L'exposition contraste avec ce contexte lourd, avec des toiles colorées et vivantes sur lesquelles la guerre est à peine présente.

"Il y a eu un refus" de leur part de peindre la guerre, assure Christopher Green. "Pour eux, l'art évoquait la construction; la guerre la destruction et la mort."

Autre explication : "Ils se sont rendu compte que la photographie et les films illustraient mieux la guerre que n'importe quel peintre."

Le parcours commence ainsi par des photos de la guerre dans une salle obscure en noir et blanc, en guise d'introduction pour les visiteurs.

Mais l'horreur laisse vite place à un art qui, loin de la guerre, expérimente avec l'espace, les textures et la déconstruction des portraits et des natures mortes.

La Grande Guerre, qui emporta près de dix millions de soldats, réapparaît à la fin avec la lapidaire "Nature morte et sa plaque" commémorative de l'Espagnol Juan Gris (1917), qui rappelle un monument aux morts, et trois oeuvres très noires de Braque, grièvement blessé au combat.

"Il n'a jamais peint la guerre, n'y a jamais touché dans son oeuvre, mais quelque part, la guerre est restée en lui", affirme Christopher Green.

dbh/av/mck/rap