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20/10/2016 16:52 EDT | Actualisé 21/10/2017 01:12 EDT

Après Mossoul, Raqa pourrait être "le prochain objectif" (Hollande)

Le président français François Hollande a averti jeudi que Raqa, dans le nord de la Syrie, pourrait être "le prochain objectif" après la reprise de la ville irakienne de Mossoul si les dirigeants du groupe Etat islamique (EI) y trouvaient refuge.

"La prise de Mossoul, c'est très important mais si on laisse partir, ce qui est un risque, les dirigeants de Daech (ndlr : acronyme arabe de l'EI) vers Raqa, c'est vrai que le prochain objectif peut être Raqa, en Syrie", a déclaré le chef de l'Etat français à son arrivée à un sommet européen à Bruxelles.

Lors d'une conférence de presse clôturant la première journée du sommet, François Hollande a précisé qu'en cas d'offensive contre Raqa, la France "appuierait des forces qui pourraient être arabes, kurdes" et "rassembler des composantes modérées de l'opposition au régime".

Les forces françaises, a-t-il cependant rappelé, ont déjà "procédé à des bombardements de cibles en Syrie" et pourraient "continuer à le faire dès lors que ça pourrait s'inscrire dans la prise de Raqa".

"Mais nous n'en sommes pas encore là", a-t-il souligné, même si "nous agissons pour que ces groupes (de jihadistes fuyant Mossoul) puissent être, autant qu'il est possible, pourchassés".

M. Hollande avait déjà mis en garde mercredi soir à Berlin contre la fuite de jihadistes de Mossoul vers Raqa, à 400 km à l'ouest.

A Bruxelles, il a relevé que Mossoul "n'est pas encore reconquise (et que) ce sont les Irakiens soutenus par la coalition - la France y prend sa part - qui doivent, avec les Peshmergas kurdes (la) reconquérir".

"Mossoul, c'est la capitale de Daech, c'est de là que ses dirigeants ont perpétré les attentats qui ont eu lieu en France et partout ailleurs", a rappelé le président français.

Pour M. Hollande cependant, l'enjeu de la prise de Mossoul n'est pas seulement celui d'une "reconquête militaire" mais de veiller à "l'inclusion de toutes les minorités, de manière à ce qu'il n'y ait pas un déchaînement de violence" après sa reconquête par les forces alliées.

Le président français a par ailleurs opposé l'action des alliés à Mossoul à celle du "régime (syrien) et de son soutien russe" à Alep. Tandis qu'à Mossoul "nous faisons en sorte que la population civile soit prise en compte, respectée, protégée", à Alep "les bombardements (...) n'ont pas cessé", a-t-il dit.

La tâche de la coalition anti-EI "ne sera pas achevée" après la reprise de Mossoul, avait déjà prévenu mercredi le Premier ministre français Manuel Valls, pour qui "il faudra tenter de reconquérir Raqa, (...) d'où partent les ordres visant à frapper l'Europe".

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