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19/10/2016 03:40 EDT | Actualisé 19/10/2016 03:40 EDT

Un concert singulier de l'OSM pour célébrer le 50e anniversaire du métro de Montréal (ENTREVUE)

aetb via Getty Images
Colorful Underground Subway Train with blurry People on the Platform. Focus is on the door. room for your text.

Le métro de Montréal a 50 ans. Cet animal métallique qui court sous sa jungle urbaine est un acteur économique, social et culturel majeur. L’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) et son chef Kent Nagano invitent les Québécois à entendre notamment deux pièces composées en l'honneur de cet anniversaire du métro par les Canadiens José Evangelista et Robert Normandeau du 20 au 23 octobre à la Maison symphonique. Notre journaliste s’est entretenu avec les compositeurs.

Accelerando de José Evangelista: cyclique et mélodique

«À l’inauguration du métro de Montréal, je terminais mes études en sciences dans une université de Valencia, en Espagne, raconte en début de discussion José Evangelista. Je suis arrivé au Québec en 1970. Après cette formation scientifique, je me suis recyclé dans le domaine de la musique et de la composition.»

Au fil du temps, Evangelista est devenu un compositeur canadien très respecté. Âgé aujourd’hui de 73 ans, il a mené à terme une multitude de projets un peu partout dans le monde: «J’ai toujours quelque chose en chantier, que ce soit pour une commande dans ma ville natale, ou pour des pièces de musiques vocales en France».

Les intérêts musicaux de M. Evangelista sont variés. Il se passionne autant de l’art espagnol que du gamelan (musique d’origine indonésienne particulièrement populaire dans les îles de Java et Bali). Pour Accelerando, cependant, le compositeur s’est limité à la vie québécoise. Du moins, consciemment.

«Je ne pouvais pas laisser transparaître mes goûts personnels dans une œuvre consacrée au métro de Montréal. Je ne voulais pas non plus partager une opinion ou une sorte d’idée politique. Comme compositeur, ça me prend des buts artistiques et du sentiment. Ça, j’ai trouvé. Bien entendu, je suis un amoureux du métro. J’aimerais qu’on le développe encore davantage et qu’il puisse prendre encore plus de place dans la vie des Montréalais… Quelque part, peut-être, on ressent mon bagage. En fait, je l’espère.»

Ainsi, Evangelista s’est abandonné à l’univers du métro et à ses bruits de glissements, de frottements, de claquements ainsi qu’à ses multiples autres sonorités entendues dans ses tunnels. Il a réfléchi à l’acoustique, aux rythmes, aux temps. «Je me suis rendu dans certaines stations de métro, bien entendu. Mais j’en ai fait une interprétation personnelle. J’ai capté l’esprit. J’ai utilisé certains sons comme motifs (à l’autre bout du combiné, il imite le fameux dou-dou-dou émis par le métro au moment du décollage). Je dirais que ma pièce est cyclique. Comme le déplacement du métro, qui démarre et s’arrête, d’une station à l’autre. J’ai créé une mélodie qui arrive, part, et recommence.»

Questionné quant au titre très évocateur de la pièce, Evangelista répond ceci: «J’ai toujours aimé cette idée d’accélération, de sentir que le rythme change. Elle sous-entend plein de paradoxes…»

Tunnel azur de : oeuvre de fiction

«Au moment de l’inauguration du métro, j’habitais Québec, explique pour sa part Robert Normandeau, l’autre compositeur invité à présenter une œuvre dans le concert Kent Nagano célèbre le métro de Montréal. J’avais douze ans. Mais, je suis venu à Montréal une dizaine de fois (trois ou quatre jours pour chaque visite) avec mes parents afin de visiter l’Exposition universelle, en 1967. On faisait alors du camping sur la Rive-Sud et on devait prendre le métro pour se rendre dans Montréal.»

Avec sa pièce Tunnel azur, Normandeau transporte également le spectateur dans les entrailles de la ville, où il nous fait vivre une expérience immersive. Son œuvre électroacoustique s’inspire des mouvements des trains de métro, des gestes des travailleurs, des déplacements des voyageurs et de tout l’environnement sonore qui entoure le métro.

«J’ai eu la chance d’avoir accès à quelques nouvelles rames (voitures ou wagons du métro) conçues récemment pour le métro. Je suis allé à la fois dans les tunnels (entre les stations Champ-de-Mars et Crémazie) et dans un atelier où des employés sont responsables de l’entretien et de la vérification de la qualité des rames […] J’ai aussi pu capter des sons de la draisine automatisée, qui est plus beaucoup moderne que celle utilisée à l’époque des chemins de fer qui était propulsée par la force musculaire de ses occupants».

Normandeau s’est également inspiré du nouvel instrument de l’OSM, l’octobasse, le plus grand et le plus grave des instruments à cordes. Cet instrument, c’est un mastodonte d’environ trois mètres de hauteur qui ressemble à une énorme contrebasse (qui sonne quatre octaves plus bas). «J’ai demandé à travailler avec cet instrument unique, souligne Robert Normandeau. Je crois qu’il y en a seulement quatre dans le monde. Et celui de l’OSM (offert par Roger Dubois et son épouse) est le seul qui est utilisé par un orchestre, les autres étant dans des musées.»

Pour partager sa pièce originale, le compositeur utilisera le système de son immersif déjà installé dans la Maison symphonique. Il va aussi répartir douze haut-parleurs sur les trois étages de la salle, question de bonifier l’enveloppe sonore. L’excellente acoustique devrait s’occuper du reste...

«Pour favoriser une écoute optimale, on va créer une sorte de pénombre dans la Maison symphonique […] Ce sera comme écouter une œuvre de fiction. En fait, c’est une sorte d’évocation cinématographique pour l’oreille. J’ai enregistré, transformé et monté des sons pour concevoir un parcours imaginaire.»

Une vie de héros

Outre ces deux créations, on entendra le poème symphonique de Richard Strauss, Une vie de héros, qui retrace les expériences personnelles du compositeur. Le Concerto pour violoncelle en la mineur de Schuman, interprété par le Norvégien Truls Mørk, complète le programme (voir les détails en fin d’article).

À noter qu’une heure avant les représentations, le public pourra assister à un entretien impliquant l’animateur Matthieu Dugal et les compositeurs José Evangelista puis Robert Normandeau.

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Le concert Kent Nagano célèbre le métro de Montréal sera présenté trois fois à la Maison symphonique:

Jeudi 20 octobre, 20h

Samedi 22 octobre, 20h

Dimanche 23 octobre, 14h30

Programme du concert:

- José Evangelista, création mondiale pour souligner le 50e anniversaire du Métro – commande de l’OSM (approx. 15 min.)

- Schumann, Concerto pour violoncelle en la mineur, op. 129 (approx. 25 min.)

- Robert Normandeau, création mondiale d’une oeuvre électroacoustique / métro de Montréal (approx. 10 min.)

- R. Strauss, Ein Heldenleben (Une vie de héros) (approx. 40 min.)

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