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L'UE tente de convaincre la Wallonie d'adopter l'AECG

Le gouvernement fédéral belge espère convaincre le gouvernement régional de Wallonie, qui a opposé son veto à l'accord de libre-échange conclu entre le Canada et l'Union européenne (UE), d'adopter l'entente pour en permettre l'application.

Le ministre belge du Commerce, Didier Reynders, espère parvenir à infléchir les dirigeants de la région francophone de Belgique lors du sommet des chefs d'État et des gouvernements qui se tiendra jeudi et vendredi à Luxembourg. « Nous continuons à travailler avec certaines régions », a-t-il déclaré à son arrivée à Luxembourg. « J'espère qu'en fin de semaine, au moment du sommet, nous serons en mesure de faire avancer les choses. »

Le Parlement de Wallonie a adopté, la semaine dernière, une motion s'opposant à la ratification de l'Accord économique et commercial global (AECG) entre le Canada et l'UE. La Wallonie s'inquiète notamment pour les secteurs agricoles et manufacturiers de son économie. Le président du Parti socialiste francophone belge et ancien premier ministre Elio Di Rupo a lancé, au cours d'une entrevue accordée au quotidien L'Écho : « la Wallonie a été snobée par la Commission européenne qui n'a jamais daigné lui répondre ».

Bien qu'il soit favorable à l'accord, le gouvernement belge se retrouve ainsi dans l'impossibilité de ratifier l'entente en raison de l'opposition de la Wallonie. La Belgique doit obtenir l'aval des trois gouvernements régionaux - Wallonie, Flandres et Bruxelles-Capitale - de même que des trois communautés linguistiques (flamande, francophone et germanophone) pour ratifier l'entente.

Les craintes wallonnes

L'opposition de la Wallonie menace l'adoption de l'accord de libre-échange, fruit de cinq ans de négociations entre le Canada et l'Europe, qui est par ailleurs soutenu par les 28 pays membres de l'UE. L'AECG, qui est le premier accord commercial du marché économique européen avec un pays du G7, doit être ratifié par les 28 pays de l'UE pour entrer en vigueur.

Reconnaissant qu'il faudrait du temps pour répondre aux inquiétudes de la Wallonie, le ministre allemand de l'Économie, Sigmar Gabriel, a relativisé la portée de l'opposition du gouvernement régional belge. « Je ne pense pas que l'accord puisse échouer, a-t-il indiqué. Mais il est vrai que la Belgique et la Roumanie ont des questions. Peut-être pourra-t-on y répondre aujourd'hui, peut-être faudra-t-il un peu plus de temps. »

La commissaire au Commerce européen, Cecilia Malmström, doute que l'UE puisse parvenir à entériner l'accord aujourd'hui, mais elle garde espoir que les dirigeants européens sauront convaincre leurs homologues wallons. « Nous ne sommes pas tout à fait arrivés au bout, a déclaré la commissaire suédoise. Je ne suis pas sûre que nous puissions prendre une décision aujourd'hui [...] Je pense que la semaine prochaine on pourra signer la déclaration avec le gouvernement canadien. »

« Nous avons travaillé avec eux très intensément ces derniers jours, essayant de comprendre leurs inquiétudes et de voir ce que l'on pouvait faire pour les satisfaire, a poursuivi Mme Malmström. Nous n'y sommes pas encore arrivés. Mais les discussions continuent avec eux et avec le gouvernement belge. Je suis une optimiste née et je pense que nous allons y arriver. »

De la crédibilité de l'UE

La commissaire Malmström a mis en garde les dirigeants de l'UE contre les conséquences d'un rejet de l'AECG. « Si nous ne parvenons pas à signer un très bon accord avec un pays comme le Canada, l'un de nos plus proches alliés, ce sera une situation très difficile », a poursuivi Mme Malmström, faisant écho aux propos du premier ministre canadien, Justin Trudeau, la semaine dernière. Ce dernier avait déclaré que si l'UE ne parvenait pas à signer un tel accord avec un pays progressiste comme le Canada, avec qui pourrait-elle le faire?

Le premier ministre canadien, Justin Trudeau, doit se rendre à Bruxelles, en Belgique, pour la signature officielle de l'accord, mais pour entrer en vigueur, l'accord doit également être ratifié par les parlements nationaux.

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