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17/10/2016 07:11 EDT | Actualisé 18/10/2017 01:12 EDT

RDC: grève dans des écoles de l'est en mémoire d'enseignants et d'élèves tués

Le syndicat des enseignants de la ville de Butembo a décrété lundi une grève de deux jours à la mémoire de deux enseignants et deux élèves tués samedi par une roquette tirée sur une école, dans cette région troublée de l'est de la République démocratique du Congo.

Samedi, une vingtaine d'adeptes d'une secte locale appelée "Corps du Christ", munis d'armes blanches et de gris-gris, ont voulu se rendre en délégation à la mairie de Butembo, dans la province congolaise du Nord-Kivu (est), a-t-on appris de sources concordantes.

Une patrouille des Forces armées de la RDC (FARDC) les a interceptés à la hauteur d'une école secondaire. Des heurts ont alors éclaté et une roquette a été tirée en direction de l'école.

"Deux enseignants, deux élèves ainsi qu'un militaire ont perdu la vie" et plusieurs personnes ont été blessées, a déclaré à l'AFP le maire de Butembo, Sikuli Uvasaka.

"Nous avons décrété deux jours sans école pour pleurer nos deux enseignants et deux élèves tués par une roquette tirée sur l'école par les FARDC", a déclaré de son côté à l'AFP Jean Kaposo, secrétaire permanent du syndicat des enseignants de la ville de Butembo.

Le porte-parole de l'armée dans la région, le capitaine Mak Hazukay, a confirmé à l'AFP ce bilan.

"Il faut enquêter pour savoir qui a tiré la roquette. Est-ce les manifestants ou l'armée ? Car nous avons enregistré un mort dans nos rangs et un blessé", a-t-il réagi, accusant en outre les manifestants d'avoir dérobé des armes aux militaires.

La ville de Butembo est située à une cinquantaine de km du territoire de Beni, théâtre depuis octobre 2014 d'une série de massacres ayant causé la mort de plus de 700 personnes, selon l'ONU. La dernière tuerie d'envergure a coûté la vie à plus de cinquante civils mi-août.

Pour la Mission de l'ONU en RDC (Monusco) et le gouvernement congolais, les auteurs de ces tueries de Beni sont des rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

Cette version est remise en cause par des chercheurs à New York et un groupe d'experts onusiens pour qui les ADF partagent cette responsabilité avec d'autres groupes armés et certains éléments des FARDC, avec la complicité de certains chefs militaires locaux.

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