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17/10/2016 08:15 EDT | Actualisé 18/10/2017 01:12 EDT

Mossoul, l'épreuve de vérité pour la stratégie militaire américaine

L'offensive sur Mossoul sera l'épreuve de vérité pour la stratégie militaire des Etats-Unis et de la coalition, consistant à laisser à des troupes locales le combat terrestre contre les jihadistes, tout en apportant appui aérien, en formation, en équipement et en conseil.

La coalition contre l'EI compte environ 8.000 soldats en Irak, dont plus de 4.800 Américains à l'heure actuelle.

Mossoul est la deuxième ville irakienne, et compte encore 1,5 million d'habitants.

- Un colossal effort de formation

La douzaine de brigades des forces irakiennes participant à la bataille de Mossoul sont toutes passées par l'un des camps d'entraînement de la coalition.

Les brigades irakiennes ont profité d'une formation adaptée, bénéficiant des enseignements des batailles passées gagnées contre l'EI, en particulier celle de Ramadi. Certaines unités ont aussi reçu des formations plus spécialisées, comme par exemple celles chargées du désamorçage des pièges explosifs que laissent les jihadistes dans leurs sillage.

Les brigades irakiennes ont aussi reçu divers équipements, allant de l'arme personnelle du soldat - fusils M16 - aux véhicules Humvees et aux pelleteuses semi-blindées, en passant par des ponts pour franchir les cours d'eau.

Au total, la coalition estime que plus de 45.000 Irakiens disposent aujourd'hui d'une formation militaire de base, grâce à ses soins.

- Des conseillers dans la chaîne de commandement

Des conseillers militaires sont présents à tous les niveaux de la chaîne de commandement irakienne.

Les officiers américains sont désormais autorisés à descendre jusqu'au niveau du bataillon, à proximité immédiate des combats, pour dispenser leurs conseils.

La coalition a déployé quelques moyens militaires sur le terrain, comme les canons Caesar français ou des lance-roquettes de précision Himars américains.

Plusieurs hélicoptères d'attaque américains Apache sont également prêts à intervenir.

- De cruciales capacités aériennes

La coalition apporte aux troupes irakiennes ses formidables capacités aériennes, capables de mener des frappes très précises et de renseigner en continu sur ce qui se passe chez l'adversaire.

La coalition pilonne depuis des mois la région de Mossoul. Le compte-rendu des frappes de la coalition pour dimanche mentionne quatre opérations de bombardement visant des antennes et tours de télécommunications, des entrées de tunnel, des panneaux solaires et des positions de mortier.

Les satellites et les cyber-soldats américains sont aussi à l'oeuvre. Le Pentagone n'a pas caché qu'il avait aussi mobilisé contre l'EI ses spécialistes de guerre informatique (le US Cybercommand, dont le commandant, l'amiral Michael Rogers, est aussi le patron de la NSA), et ses spécialistes de l'espace... Mais il s'est bien gardé de donner des précisions sur leurs missions exactes.

- Des forces spéciales redoutables

Les forces spéciales américaines du JSOC, une force spécialisée dans la capture ou l'élimination des chefs extrémistes, sont déployées depuis le début 2016 près d'Erbil, au Kurdistan irakien. Ces hommes surentraînés, probablement autour de 200 au total, mènent des raids terrestres contre des responsables de l'EI. Ils se sont faits une spécialité d'exploiter très vite les renseignements qu'ils saisissent pour monter dans la foulée des opérations contre d'autres responsables. Et ils connaissent le terrain, pour avoir déjà combattu à Mossoul pendant la guerre d'Irak.

- Un important soutien logistique

Une bonne partie des 600 soldats américains supplémentaires dépêchés en Irak fin septembre sont des spécialistes de la logistique.

Les Américains ont notamment aidé les Irakiens à remettre en état la piste de la base aérienne de Qayyarah, plate-forme logistique avancée à une soixantaine de kilomètres, conquise il y a quelques mois.

Et ils ont installé des capacités d'atterrissage de nuit et par mauvais temps sur la base aérienne d'Al-Asad, dans la province d'Al-Anbar.

- Aux Irakiens le plus difficile: le combat urbain

Malgré l'investissement de la coalition et des Etats-Unis, il reviendra aux troupes irakiennes elles-mêmes de faire le plus difficile: éliminer, peut-être immeuble par immeuble, tunnel par tunnel, les combattants et snipers de l'EI, désamorcer les innombrables bombes, mines et autres pièges mis en place par les jihadistes.

Il pourrait très bien s'écouler des semaines, voire des mois avant que la ville ne soit complètement libérée.

A Syrte, en Libye, les forces américaines bombardent depuis plus de trois mois les derniers quartiers détenus par les jihadistes, mais les troupes régulières libyennes ne sont pas encore parvenues à libérer complètement la zone.

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