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17/10/2016 06:02 EDT | Actualisé 18/10/2017 01:12 EDT

L'offensive sur Mossoul lancée depuis l'est par les Kurdes

L'offensive sur Mossoul, dernier bastion du groupe armé État islamique (EI) en Irak, s'est mise en branle lundi, depuis l'est de la ville, par une avancée des forces kurdes en territoire ennemi, avec le soutien des avions de la coalition internationale dirigée par les États-Unis.

À environ 25 kilomètres au sud-est de la ville, des blindés ont commencé leur avancé vers des villages qui doivent être repris aux djihadistes, montrent des images captées par France 2.

Avant d'atteindre les premières maisons d'un premier village, quelques centaines de mètres plus loin, ils ont été accueillis par des tirs nourris de mitrailleuse.

Au moins trois peshmergas ont été tués et un autre grièvement blessé au cours de ces premières heures qui ont permis une avancée de 2 kilomètres, rapporte France 2. La progression s'annonce lente.

Selon un lieutenant-colonel des peshmergas, Amozghar Taher, cette première partie de l'offensive vise à reprendre une poignée de villages situés en périphérie est de Mossoul. Il assure que ses combattants n'entreront pas dans la ville, en raison des « sensibilités sectaires ».

Un lieutenant-colonel des forces spéciales irakiennes, Ali Hussein, confirme que les Kurdes mènent la première offensive à partir de l'est.

Le problème des milices chiites

Mossoul est une ville essentiellement sunnite, et la perspective que des combattants d'autres communautés, particulièrement des milices chiites, y entrent, suscite de vives inquiétudes. L'efficacité de ces combattants est reconnue, mais leur présence au front est mal vécue, voire crainte par les populations sunnites.

Au cours des derniers mois, ils ont été accusés par les Nations unies et des associations de défense des droits de l'homme d'exactions de toutes sortes dans des secteurs repris à l'EI.

La Turquie, qui a des troupes stationnées dans le nord de l'Irak, déclare haut et fort qu'il n'est pas question pour elle que des milices chiites ou des kurdes n'entrent dans Mossoul.

Le ministre saoudien des Affaires étrangères, Adel Al-Jubeir, a aussi dit craindre que des milices chiites, souvent proches de l'Iran, ne participent à un « bain de sang » à Mossoul.

Le premier ministre irakien Haider Al-Abadi a assuré lundi que seules l'armée et la police irakienne seront autorisées à entrer à Mossoul. Selon Reuters, les craintes d'un déchaînement de violences intercommunautaires ont convaincu son gouvernement de les exclure de l'offensive sur Mossoul même.

L'agence soutient que les miliciens chiites des Forces de mobilisation populaire, qui ont un statut officiel auprès du gouvernement, vont plutôt cibler Haouidja, une ville d'environ 200 000 habitants aux mains de l'EI située à 100 km au sud de Mossoul.

« Notre rôle est de les libérer de la tyrannie de Daech », affirme un porte-parole de ces milices, Ali Al-Hussaini, en utilisant un acronyme arabe désignant l'EI. « Nous ferons en sorte que les gens soient protégés. Nous sommes leurs frères, pas leur ennemi. »

Selon des habitants qui ont fui la ville, l'EI a instauré un régime particulièrement dur et violent à Haouidja. Des exécutions y auraient lieu tous les jours, les cadavres des suppliciés étant accrochés aux lampadaires pour l'exemple.

À Mossoul, les habitants se préparent

Selon un résident de Mossoul, Abu Maher, il est absolument faux de prétendre que les combattants de l'EI ont quitté la ville à l'annonce de l'offensive, comme l'ont rapporté des télévisions irakiennes.

« Ils utilisent des motocyclettes pour patrouiller tout en évitant d'être détectés par les airs. Un passager à l'arrière utilise des jumelles pour surveiller les immeubles et les rues à bonne distance », relate-t-il.

M. Maher soutient que les résidents s'appliquent depuis un moment à mettre en place des défenses de fortune et à empiler des provisions en prévision de l'offensive, qui pourrait durer des semaines, voire des mois.

« Nous avons fortifié une chambre dans la maison en plaçant des sacs de sable devant la seule fenêtre, et nous avons retiré tout ce qui était dangereux ou inflammable », indique-t-il.