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17/10/2016 00:28 EDT | Actualisé 17/10/2017 01:12 EDT

Guinée équatoriale: la CIJ examine la demande de suspension des procédures engagées par Paris

La Cour internationale de Justice (CIJ) a ouvert lundi des audiences publiques en vue d'examiner la demande de la Guinée équatoriale de sommer Paris de suspendre les poursuites judiciaires à l'encontre du fils du président de ce pays d'Afrique centrale.

"La Cour siège aujourd'hui (...) pour entendre les observations des parties sur la demande en indication de mesures conservatoires présentée par la Guinée équatoriale en l'affaire relative aux immunités et procédures pénales Guinée équatoriale contre France", a déclaré le président dans l'affaire Abdulqawi Ahmed Yusuf.

Les audiences publiques de la plus haute instance judiciaire des Nations unies se tiennent à La Haye à une semaine du procès devant le tribunal correctionnel de Paris où Teodorin Obiang a été assigné à comparaître le 24 octobre.

Teodorin Obiang, qui est vice-président de son pays, est accusé par la justice française d'avoir pillé les caisses de l'Etat et d'avoir acheté des propriétés somptueuses dans les endroits les plus chers du monde. Il est soupçonné de s'être frauduleusement bâti en France un patrimoine de plusieurs dizaines de millions d'euros.

Il a été renvoyé début septembre devant la justice française pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption, ouvrant la voie au premier procès français des "biens mal acquis".

Soulignant "l'urgence de sa requête", Malabo avait demandé fin septembre à la CIJ, "dans l'attente de son arrêt au fond", de rendre une décision provisoire donnant ordre à Paris de suspendre les poursuites judiciaires envers Teodorin Obiang, dont le père Teodoro Obiang dirige le pays d'une main de fer depuis 1979.

L'Etat africain, riche en pétrole, avait également affirmé que "l'imminence des poursuites pénales" contre Obiang en France "constituait une entrave à l'exercice de ses fonctions dans l'intérêt de son pays".

Dans sa demande, Malabo souhaite par ailleurs que l'hôtel particulier de l'avenue Foch "soit considéré comme les locaux de la mission diplomatique de la Guinée en France".

En 2012, ce bâtiment, situé dans le 16e arrondissement, un des quartiers les plus luxueux de Paris, avait été saisi sur ordre des juges d'instruction, de même que des voitures de luxe, des oeuvres d'art et des vins fins.

En juin, la Guinée équatoriale avait déjà demandé à la Cour d'examiner le dossier, arguant qu'en dépit des décisions de justice rendues en France, Obiang bénéficiait de l'immunité diplomatique.

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