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17/10/2016 12:41 EDT | Actualisé 18/10/2017 01:12 EDT

GB : nouvelle crise à l'Ukip après la démission d'un candidat à sa direction

Le favori de la course à la direction de l'Ukip a claqué lundi la porte du parti en dénonçant un climat de "guerre intestine", énième épisode de la crise qui mine la formation europhobe britannique depuis le retrait de son leader Nigel Farage.

"C'est avec regret et une profonde tristesse que j'abandonne ma campagne pour le leadership et que j'annonce ma démission avec effet immédiat de l'Ukip", a écrit l'eurodéputé Steven Woolfe dans un communiqué publié sur son site internet.

"Le parti est rongé par des querelles intestines, par des guerres par procuration entre factions rivales, et il est dirigé par un Comité exécutif national qui n'est pas adapté à sa mission", lâche-t-il également.

Cette annonce intervient une dizaine de jours après une altercation l'ayant opposé à Mike Hookem, un collègue de son parti, dans l'enceinte du Parlement européen à Strasbourg, à la suite de laquelle Steven Woolfe avait été hospitalisé.

Ce départ fracassant illustre les difficultés du parti anti-immigration depuis le retrait de son leader Nigel Farage, qui avait quitté ses fonctions en juillet, estimant son devoir accompli après le vote des Britanniques en faveur du Brexit.

De fait, alors que le parti europhobe avait toutes les raisons de jubiler après le vote des Britanniques en faveur d'une sortie de l'Union européenne, il n'a cessé depuis de s'enfoncer dans une crise existentielle, comme l'a d'ailleurs lui-même souligné Steven Woolfe.

- 'Ingouvernable' -

"Je suis arrivé à la conclusion que l'Ukip est ingouvernable sans Nigel Farage pour le diriger, et la cause du référendum pour le rassembler", déclare Woolfe, qui était le candidat favori de M. Farage.

Steven Woolfe indique également avoir déposé une plainte auprès de la police après son altercation avec Steven Woolfe, et prévient qu'il entend "siéger au Parlement européen en tant qu'indépendant".

Peu après l'annonce de sa démission, un responsable du parti, Peter Whittle, porte-parole chargé des questions culturelles, a tenté d'éteindre l'incendie en affirmant que l'Ukip ne se trouvait pas dans une "spirale de la mort".

"Nous devons rester unis", a-t-il ajouté sur Twitter, appelant les militants à se tourner vers la campagne pour la direction du parti, qui livrera son verdict le 28 novembre.

Le parti s'était doté à la mi-septembre d'une nouvelle cheffe, Diane James, mais celle-ci a démissionné début octobre en invoquant des "raisons personnelles et professionnelles".

En attendant l'élection du prochain leader c'est Nigel Farage qui assure la direction de l'Ukip par intérim, signe des difficultés du parti à trouver un successeur à celui qui l'a fait sortir de l'ombre.

Sous la houlette de Farage, l'Ukip est devenu la troisième force politique britannique après avoir obtenu le vote de 3,8 millions d'électeurs (12,6% des votes, mais un seul député) lors des législatives de mai 2015.

eg/mct

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