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17/10/2016 09:48 EDT | Actualisé 18/10/2017 01:12 EDT

Des facteurs génétiques impliqués dans les cancers liés aux papillomavirus (étude)

Des facteurs génétiques pourraient expliquer pourquoi certaines personnes infectées par des papillomavirus humains (HPV) développent des cancers de la bouche et de la gorge et d'autres pas, selon une étude publiée lundi dans la revue médicale Nature Genetics.

Les cancers les plus fréquemment causés par les HPV sont ceux du col de l'utérus qui touchent plus de 500.000 femmes par an et ont entraîné 266.000 décès en 2012 dans le monde, précise le Centre international de la recherche sur le cancer (CIRC/IARC), l'agence pour le cancer de l'OMS, basée à Lyon, qui a dirigé l'étude.

Mais les infections par les papillomavirus sont également à l'origine d'autres cancers comme ceux des parties génitales de l'homme ou de la femme et de plus en plus fréquemment de la bouche ou du pharynx.

En comparant l'ADN de 6.000 personnes atteintes d'un cancer de la bouche ou du pharynx avec 6.000 personnes non atteintes, des chercheurs ont découvert six mutations génétiques associées aux cancers oro-pharyngés.

Dans une zone régulant le système immunitaire, ils ont découvert un variant associé à un effet protecteur multiplié par quatre contre ces cancers.

Le même type de variants génétique avait dans le passé déjà été associé à une protection accrue contre le cancer du col de l'utérus.

"Ces résultats indiquent que les gènes qui contrôlent le système immunitaire jouent un rôle fondamental pour déterminer si une infection par le HPV va se développer ou non en cancer" souligne le Dr Paul Brennan, directeur de la section de génétique du CIRC, l'un des auteurs de l'étude.

Il estime qu'une meilleure compréhension du phénomène pourrait contribuer à "identifier de nouvelles façons de se protéger contre les cancers liés aux HPV".

Les cancers de la bouche et de la gorge sont principalement liés à la consommation de tabac et l'alcool. Mais les infections orales par les HPV, liées à une évolution des pratiques sexuelles, sont de plus en plus fréquentes aux États-Unis et en Europe.

C'est notamment le cas des HPV de type 16, l'une des principales causes de cancers oro-pharyngés.

Selon des chiffres cités par l'agence sanitaire Circ, la proportion de ces cancers liés aux HPV serait d'environ 60% aux Etats-Unis et de 30% en Europe.

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