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17/10/2016 01:56 EDT | Actualisé 18/10/2017 01:12 EDT

CIJ: la Guinée équatoriale "traitée de manière injuste et insultante" en France (ambassadeur)

La Guinée équatoriale s'est dite "profondément offensée par la manière injuste et insultante" dont elle est traitée en France lundi lors de l'ouverture devant la CIJ des audiences publiques visant à examiner sa demande de suspension des poursuites judiciaires françaises à l'encontre du fils du président.

"C'est ce sentiment d'indignation, associé à la conviction que le droit nous donne raison, qui nous a conduits à demander justice auprès de cette haute juridiction", a déclaré l'ambassadeur auprès de la Belgique et des Pays-Bas Carmelo Nvono Nca, agent représentant Malabo devant la Cour internationale de Justice (CIJ).

"Les dommages potentiels aux droits souverains de la Guinée équatoriale sont graves et imminents", a-t-il souligné.

Les audiences publiques de la plus haute instance judiciaire des Nations unies se tiennent à La Haye à une semaine du procès devant le tribunal correctionnel de Paris où Teodorin Obiang a été assigné à comparaître le 24 octobre.

Teodorin Obiang, qui est vice-président de son pays, est accusé par la justice française d'avoir pillé les caisses de l'Etat et d'avoir acheté des propriétés somptueuses dans les endroits les plus chers du monde. Il est soupçonné de s'être frauduleusement bâti en France un patrimoine de plusieurs dizaines de millions d'euros.

Il a été renvoyé début septembre devant la justice française pour blanchiment d'abus de biens sociaux, de détournement de fonds publics, d'abus de confiance et de corruption, ouvrant la voie au premier procès français des "biens mal acquis".

Soulignant "l'urgence de sa requête", Malabo avait demandé fin septembre à la CIJ, "dans l'attente de son arrêt au fond", de rendre une décision provisoire donnant ordre à Paris de suspendre les poursuites judiciaires envers Teodorin Obiang, dont le père Teodoro Obiang dirige le pays d'une main de fer depuis 1979.

Malgré les vives protestations de la Guinée équatoriale contre l'ordonnance de renvoi, "l'immunité du vice-président n'a pas été reconnue par les juridictions pénales françaises", a affirmé Jean-Charles Tchikaya, avocat au barreau de Bordeaux.

Prévenu, Teodorin Obiang "est désormais exposé à un risque réel et imminent d'être jugé et définitivement condamné, ce qui causerait un préjudice irréparable au droit de la Guinée équatoriale au respect de l'immunité de son vice-président d'une part et de l'inviolabilité des locaux de sa mission diplomatique en France d'autre part", a-t-il assuré.

L'Etat africain, riche en pétrole, souhaite que l'hôtel particulier de l'avenue Foch "soit considéré comme les locaux de la mission diplomatique de la Guinée en France".

En 2012, ce bâtiment, situé dans le 16e arrondissement, un des quartiers les plus luxueux de Paris, avait été saisi sur ordre des juges d'instruction, de même que des voitures de luxe, des oeuvres d'art et des vins fins.

Dans le cadre de cette demande en indication de mesures conservatoires qui "a priorité sur toute autre affaire", la Cour entend la Guinée équatoriale lundi et la France mardi, avant d'accorder une possibilité de réponse aux deux parties mercredi.

En juin, la Guinée équatoriale avait déjà demandé à la Cour d'examiner le dossier, arguant qu'en dépit des décisions de justice rendues en France, Obiang bénéficiait de l'immunité diplomatique.

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