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16/10/2016 23:26 EDT | Actualisé 17/10/2017 01:12 EDT

Bahreïn: annulation de la condamnation à la prison du chef de l'opposition chiite

La Cour de cassation de Bahreïn a annulé lundi la condamnation à neuf ans de prison prononcée en appel contre le chef de l'opposition chiite Ali Salmane pour "complot contre le régime" et "incitation à la désobéissance".

La haute juridiction a ordonné à la cour d'appel de reprendre l'examen de l'affaire, selon une source judiciaire.

Ali Salmane purge actuellement cette peine de neuf ans. Il n'a pas été précisé s'il serait libéré ou non en attendant le réexamen de l'affaire par la cour d'appel.

Le 3 octobre, la Cour de cassation avait rejeté une demande de libération de M. Salmane.

Le chef du mouvement d'opposition Al-Wefaq avait été condamné en juillet 2015 à quatre ans de prison après avoir été reconnu coupable d'"incitation à la haine confessionnelle" dans le petit royaume à majorité chiite dirigé par une dynastie sunnite.

En mai 2016, la Cour d'appel avait alourdi la peine à neuf ans de prison en retenant le chef d'accusation de "complot contre le régime", dont M. Salmane avait été acquitté en première instance.

L'arrestation le 28 décembre 2014 du leader chiite avait provoqué des manifestations et avait été condamnée par des organisations de défense des droits de l'Homme et par les Etats-Unis, alliés de Bahreïn.

L'incarcération de M. Salmane était intervenue dans le cadre d'une campagne de répression contre Al-Wefaq, le principal mouvement d'opposition bahreïni, qui a été dissous le 17 juillet 2016 par une décision de justice sous l'accusation de "favoriser le terrorisme".

Al-Wefaq comptait le plus grand bloc parlementaire avant la démission en février 2011 de ses députés pour protester contre la répression du mouvement de contestation qui avait éclaté à Bahreïn dans la foulée du Printemps arabe.

Si la violence a baissé en intensité ces dernières années, la justice de Bahreïn continue de prononcer de lourdes peines de prison contre les auteurs présumés d'attaques, notamment contre les forces de l'ordre. Ces condamnations sont souvent assorties de retrait de la nationalité.

Depuis 2012, plus de 300 Bahreïnis ont été déchus de leur nationalité et sept d'entre eux ont été déjà expulsés, ont indiqué à la mi-septembre deux militants bahreïnis, Jawad Fairouz et Yousef Al-Mohafdha, lors d'une rencontre avec la presse à Genève.

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