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15/10/2016 23:24 EDT | Actualisé 16/10/2017 01:12 EDT

Un an de gouvernement de Justin Trudeau : les grands dossiers

Justin Trudeau, vainqueur surprise des législatives canadiennes du 19 octobre 2015, a mis fin à une décennie de pouvoir conservateur et lancé de grands chantiers avec son gouvernement libéral. Voici les grandes avancées et les principaux dossiers.

ENVIRONNEMENT

Elu sans avoir présenté d'objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES), le gouvernement Trudeau a ratifié la COP21 (qui vise à contenir le réchauffement sous le seuil de 2°C par rapport au niveau pré-industriel) le 5 octobre, en ayant décidé quelques jours plus tôt une taxe progressive sur le carbone. Sensible à l'environnement, M. Trudeau veut toutefois permettre la construction d'oléoducs pour exporter le pétrole des sables bitumineux, quitte à alourdir sensiblement le bilan carbone du Canada. Incapable de fédérer toutes les provinces, le gouvernement Trudeau va suivre les cibles de réduction de 30% des GES d'ici 2030 (par rapport à 2005) fixées par le précédent gouvernement conservateur. Jugé insuffisant par les écologistes, cet objectif est qualifié d'irréaliste par les experts.

LUTTE CONTRE LE GROUPE ETAT ISLAMIQUE

Après avoir retiré les chasseurs-bombardiers canadiens de la campagne contre le groupe jihadiste Etat islamique (EI) dirigée par les Etats-Unis, conformément à son engagement de campagne, Justin Trudeau a triplé le contingent de forces spéciales déployées en Irak, de 70 à quelque 200. Ces soldats d'élite, très régulièrement engagés sur la ligne de front, sont appuyés par quatre hélicoptères tactiques dépêchés par son gouvernement, qui a en outre financé un hôpital de campagne au Kurdistan irakien et accru son aide humanitaire envers cette région.

RÉFUGIÉS SYRIENS

La photo du petit Syrien Aylan Kurdi, 3 ans, gisant mort sur une plage turque avait ému le Canada comme le reste du monde en septembre 2015. Alors en pleine campagne électorale, M. Trudeau s'était engagé à accueillir 25.000 réfugiés syriens dès son élection. Marquant le réengagement du Canada sur la scène internationale, un pont aérien est mis en place pour acheminer ces réfugiés. A ce stade, 31.000 Syriens ont trouvé asile au Canada, venant contribuer au nombre record d'immigrants accueillis entre le 1er juillet 2015 et le 30 juin 2016: 320.000 personnes. Du jamais vu en un siècle.

RÉCONCILIATION AVEC LES AUTOCHTONES

Amérindiens, Inuits et Métis représentent 4,3% de la population canadienne mais vivent trop souvent dans des conditions précaires. C'est pour répondre à leurs besoins en éducation, infrastructures et logements que le gouvernement Trudeau a promis d'injecter 8,4 milliards de dollars canadiens sur cinq ans. Le gouvernement a surtout lancé une enquête sur les 1.200 meurtres et disparitions de femmes autochtones non élucidés depuis 30 ans, ce que refusait le précédent gouvernement. Geste fort et symbolique, Justin Trudeau a nommé une Amérindienne ministre de la Justice, une première.

PARITÉ

Se qualifiant souvent de "féministe", M. Trudeau a constitué un gouvernement comprenant autant d'hommes que de femmes. Interrogé sur cette composition inédite, il avait répondu du tac au tac: "Parce qu'on est en 2015", une phrase rapidement devenue culte. Fervent défenseur des droits de la communauté LGBT, Justin Trudeau assiste depuis plusieurs années aux gay prides. Un projet de loi a été déposé pour reconnaître les droits des personnes transgenres. Le Canada s'est aussi engagé vers l'équité salariale dans la fonction publique.

CANNABIS

Justin Trudeau, qui a reconnu avoir fumé "cinq ou six" fois du cannabis, avait promis de le légaliser dès son élection. Un an plus tard, un groupe d'experts dirigé par une ancienne vice-Première ministre du Canada va présenter au gouvernement un cadre législatif et réglementaire pour la consommation et le commerce du cannabis. L'objectif est sa légalisation au printemps 2017. Ce serait alors le premier pays du G7 à le faire.

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