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16/10/2016 08:28 EDT | Actualisé 17/10/2017 01:12 EDT

Serbes arrêtés au Monténégro: la justice évoque un complot contre Djukanovic

La justice monténégrine soupçonne 20 Serbes, arrêtés dimanche, d'avoir ourdi un complot pour isoler le Premier ministre Milo Djukanovic et proclamer la victoire de partis d'opposition aux législatives de dimanche, selon un communiqué du parquet.

Les élections se tiennent dans un contexte tendu entre le camp du premier ministre, au pouvoir depuis un quart de siècle, et l'opposition qui lui reproche notamment sa décision de faire intégrer l'Otan au Monténégro.

"Nous suspectons que ce groupe criminel avait pour but d'arrêter le Premier ministre du Monténégro", selon le texte du parquet.

"Le plan (...) était d'attaquer, pendant la diffusion des résultats, les citoyens réunis devant le parlement du Monténégro et les policiers présents sur place et, ensuite, de prendre le contrôle du parlement et proclamer la victoire de certains partis politiques", selon le parquet.

Il ne précise ni les modalités des attaques prévues, ni les partis politiques concernés.

Les autorités monténégrines ont désigné celui qu'elles présentent comme le chef du groupe arrêté par des intiales, B.D.

Selon les médias serbes et monténégrins, B.D., serait Bratislav Dikic, l'ancien chef de la gendarmerie serbe. En retraite depuis 2015, cet homme né en 1970 dirige un mouvement militant de protection des droits des vétérans des guerres qui ont ravagé les Balkans dans les années 1990, selon sa biographie sur le site de son "mouvement patriotique de Serbie" basé à Nis (sud).

Le groupe aurait été arrêté alors qu'ils allaient "vérifier les armes préparées à l'avance", selon le parquet, qui n'a pas précisé la nature de ces armes.

Après l'annonce du coup de filet, Andrija Mandic, chef du Front démocratique, parti d'opposition prorusse, a lui dénoncé une opération de "propagande grossière".

Le ministre de l'Intérieur, Goran Danilovic, qui appartient à un autre parti d'opposition dans le gouvernement de coalition actuel qui était chargé de préparer le scrutin, a de son part expliqué n'avoir "pas été informé de ces arrestations".

"Très inquiet", il a demandé aux citoyens de ne pas sortir dans la soirée.

A deux heures de la clôture du scrutin, les rues de Podgorica montraient un visage habituel, sans tensions particulières, a constaté une journaliste de l'AFP.

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