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16/10/2016 09:06 EDT | Actualisé 17/10/2017 01:12 EDT

France: tensions lors d'une manifestation anticorridas dans le sud

Quelque 200 manifestants anticorridas ont protesté dimanche dans une ambiance tendue à Rodilhan, petite ville du sud de la France devenue un symbole de la lutte entre partisans et opposants à ces spectacles qui se terminent par la mise à mort des taureaux.

Chacune des entrées de la ville, où avait lieu une fête taurine prévoyant notamment une corrida, était barrée par des dizaines de gendarmes en tenue antiémeutes, ont constaté des journalistes de l'AFP.

Les manifestants (environ 200 selon les autorités) répondant à l'appel du Comité radicalement anticorrida (Crac) ont fait le tour de la petite localité à travers champs pour finalement se masser devant l'une des barrières antiémeute, interdisant l'accès au centre-ville et aux arènes.

Scandant "Basta corrida!" et portant des vêtements proclamant "Corrida, la haine!", ils ont tapé violemment sur la barrière pendant des heures, certains montant sur un mur et faisant des doigts d'honneur.

"La barbarie, ça suffit, non à la toromafia", proclamait notamment une pancarte. "Corrida=spectacle de nazis", affirmait une autre.

Les gendarmes ont fait usage de gaz lacrymogène à plusieurs reprises pour faire reculer les manifestants, recevant en retour plusieurs projectiles, notamment des pierres.

La corrida a débuté avec du retard dans une arène au public clairsemé et sous le harcèlement sonore des anticorrida.

Petite localité de 2.500 habitants, située à la périphérie de Nîmes, Rodilhan est devenue un symbole de la lutte entre pro et anticorridas depuis des violences commises en 2011 par des aficionados sur des militants du Crac.

Le 8 octobre 2011, des dizaines d'activistes anticorridas s'étaient enchaînés au centre des petites arènes de Rodilhan en déclenchant des fumigènes rouge sang, avant de scander des slogans le poing levé. Ils avaient été frappés alors qu'ils étaient au sol, entravés, et avaient été évacués avec brutalité par des aficionados.

Des peines de prison ferme ont été prononcées le 14 avril 2016 contre plusieurs d'entre eux, tandis que le président du Crac a été condamné à une amende et à quatre mois avec sursis pour organisation d'une manifestation interdite.

L' organisation de corridas dans les régions à tradition tauromachique a été jugée conforme à la Constitution par le Conseil constitutionnel français, la plus haute juridiction française, qui a rejeté en septembre 2012 le recours d'associations de défense des animaux.

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