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16/10/2016 06:45 EDT | Actualisé 17/10/2017 01:12 EDT

France: l'Eglise catholique demande pardon pour un massacre d'"hérétiques" au 13ème siècle

Près de huit siècles après les faits, l'Eglise catholique d'Ariège (sud-ouest de la France) a demandé pardon, dimanche, pour le massacre des Cathares, une des pires atrocités de l'Inquisition durant laquelle des centaines d'hérétiques ont été brûlés vifs.

Cinq cents personnes environ assistaient dimanche à une "démarche de pardon" pour les massacres de Cathares, dans le village de Montségur, où en 1244, environ deux cents d'entre eux ont été brûlés.

"Les adeptes de cette voie ont été pourchassés et condamnés à de lourdes peines allant de l'emprisonnement à la mise à mort par le feu, lors de bûchers terribles comme ici, à Montségur", a reconnu le prêtre qui a ouvert dimanche la célébration prononcée en l'église du petit village de Montségur.

"En cette année 2016 voulue par le pape François comme année de la miséricorde, nous, croyants catholiques en Ariège, ne pouvons aujourd'hui que regretter ces actes et les condamner", a poursuivi le prêtre.

"Nous demandons pardon, d'abord à notre Seigneur, mais aussi à tous ceux que des membres de notre Eglise ont alors persécutés", a ajouté dans un autre discours Mgr Jean-Marc Eychenne, évêque de Pamiers, Couserans et Mirepoix, localités du sud-ouest de la France.

Le 16 mars 1244, environ deux cents Cathares, des chrétiens qui s'opposaient au catholicisme romain, étaient mis à mort après un long siège du château de Montségur.

Il ne s'agit pas du seul massacre de Cathares, "mais c'est le plus important", explique Jean Blanc, historien du catharisme. Ce courant chrétien a fleuri en Europe et particulièrement en Occitanie (sud-ouest de la France) au début du deuxième millénaire. Le pape Innocent III a lancé contre eux une croisade en 1208.

"C'est un pardon qui vient un peu tard mais mieux vaut tard que jamais", a réagi auprès de l'AFP Gérard Millet, président de l'association "Chevaliers et gentes dames d'Occitanie", dont le but est de "maintenir la tradition occitane".

L'initiative de cette démarche a été prise par les autorités religieuses locales, a précisé la Conférence des évêques de France (CEF), qui s'est dite "tout à fait en phase" avec elles.

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