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15/10/2016 20:09 EDT | Actualisé 16/10/2017 01:12 EDT

Birmanie: 3 policiers attaqués à la machette dans l'ouest, les 3 assaillants abattus

Trois policiers ont été attaqués samedi à la machette par des assaillants abattus dans leur fuite par les forces de sécurité, dans le nord-ouest de la Birmanie en proie à de vives tensions entre bouddhistes et musulmans.

La confrontation est survenue dans le village de Lac Ai près de la ville de Maungdaw, épicentre des violences, a précisé l'armée dans un communiqué.

"Des policiers ont ensuite tués par balles les assaillants alors qu'ils fuyaient la zone de l'attaque", selon la même source.

L'attaque de postes de police à la frontière avec le Bangladesh dans la nuit du 8 au 9 octobre, dans laquelle neuf policiers ont péri, a mis le feu aux poudres dans cette zone de l'Etat Rakhine, une région reculée de l'ouest de la Birmanie, où vivent des dizaines de milliers de membres de la minorité musulmane persécutée des Rohingyas.

Au moins 29 personnes ont été tués par les forces de sécurité dans une riposte militaire d'envergure, selon les médias officiels.

Ces violences font craindre une répétition des affrontements interconfessionnels de 2012, qui avaient fait plus de 100 morts et des dizaines de milliers de déplacés.

Depuis lors, plus de 100.000 Rohingyas s'entassent dans des camps de réfugiés. Considérés comme des immigrés illégaux par beaucoup de bouddhistes majoritaires en Birmanie, ils n'ont pas accès aux soins, au marché du travail, à l'école pour les enfants et n'ont pas de liberté de déplacement.

Les autorités sont peu disertes sur l'origine des attaques. Certains responsables ont publiquement accusé des militants Rohingyas, tout en les imputant en privé à des groupes armés venus du Bangladesh voisin.

Cette instabilité constitue un défi pour Aung San Suu Kyi et son gouvernement, premier exécutif civil en Birmanie depuis des décennies.

Pressée par la communauté internationale d'en faire plus pour améliorer le sort des Rohingyas, elle a promis mercredi que les attaques des postes de police feraient l'objet d'une enquête indépendante.

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