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15/10/2016 05:16 EDT | Actualisé 15/10/2016 05:20 EDT

Une approche plus douce pour traiter certains cancers du sein

Radio-Canada.ca

Trop souvent, des cancers du sein de stade 0 sont lourdement traités, alors qu'une surveillance active pourrait faire l'affaire.

Un texte de Danny Lemieux

Entre 20 % et 30 % des cancers du sein sont détectés à un stade précoce. Dans le jargon médical, il s'agit du carcinome canalaire in situ (CCIS), un cancer de stade 0. Trop petits pour être découverts lors d'une palpation, 90 % des CCIS sont détectés par la mammographie.

Un CCIS n'annonce pas de véritables cellules cancéreuses, mais plutôt des cellules anormales dont la division est incontrôlée. En moyenne, la moitié de ces cellules anormales ne se propageront jamais. Elles ne passeront pas du stade 0 au stade 1.

Et pourtant, le fait que certains CCIS sont inoffensifs est rarement dévoilé aux patientes. La raison est simple : il est impossible pour le médecin de prévoir si ces cellules anormales deviendront infiltrantes, c'est-à-dire qu'elles traverseront la paroi du canal pour envahir d'autres organes. Autrement dit, qu'elles passeront d'un stade 0 à un stade 1.

Une surveillance active

À la manière de ce qui se fait dans le cas des cancers de la prostate, le médecin peut toutefois surveiller l'évolution de la tumeur sans la retirer ni commencer de traitement. Une option déroutante, que la communauté scientifique envisage de plus en plus sérieusement.

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Tarek Hijal, radio-oncologue au Centre universitaire de santé McGill

«La surveillance active n'est pas le standard aujourd'hui en 2016. Elle se fait seulement dans le contexte d'un essai clinique.»

- Tarek Hijal, radio-oncologue, Centre universitaire de santé McGill

Des traitements lourds... et inutiles?

Actuellement, qu'importe la nature du CCIS, la procédure d'intervention est la même : le chirurgien retire la tumeur. Selon l'étendue du carcinome, le médecin procède à une mastectomie partielle ou totale.

Et souvent, après la chirurgie, des cellules anormales trompent la vigilance du chirurgien. La patiente doit donc subir une deuxième intervention pour retirer les dernières cellules. Malgré cette intervention, le risque de récidive demeure élevé, autour de 25 %.

C'est pourquoi on entreprend, la plupart du temps, un traitement d'hormonothérapie sous forme de comprimés. À cela s'ajoute un traitement de radiothérapie. De lourdes interventions et un long parcours pour combattre des cellules qui pourraient bien ne jamais se propager ni menacer la vie d'une patiente.

Des essais cliniques

Seule la mise sur pied d'essais cliniques fournit les outils nécessaires pour départager les CCIS dangereux des CCIS inoffensifs. Aux États-Unis, dès décembre, 1200 Américaines atteintes d'un CCIS seront sous surveillance active pendant cinq ans.

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Shelley Hwang, chef de la chirurgie du sein au Duke Cancer Institute

«L'étude tentera de trouver des marqueurs, des indices qui permettront de départager les patientes qui doivent être opérées de celles chez qui la surveillance active est envisageable.»

- Shelley Hwang, chef de la chirurgie du sein au Duke Cancer Institute

Ce protocole inclut un suivi serré.

«La surveillance active ne signifie pas qu'on reste là à ne rien faire. Les femmes sont au contraire suivies de près. Chaque changement au niveau de la santé de la patiente sera rapidement détecté.»

- Shelley Hwang, chef de la chirurgie du sein au Duke Cancer Institute

Deux autres études sont actuellement menées ailleurs aux États-Unis et au Royaume-Uni pour cerner l'efficacité de la surveillance active et de ses conséquences à long terme. Les chercheurs espèrent poursuivre leurs recherches encore une vingtaine d'années.

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