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14/10/2016 05:01 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

Un élève pakistanais et son enseignant accusés de blasphème

Un adolescent pakistanais et son professeur de religion ont été arrêtés après avoir été accusés de blasphème car l'élève est soupçonné d'avoir brûlé des pages du Coran, a indiqué la police à l'AFP vendredi.

L'adolescent, étudiant dans une école coranique du district de Kasur, dans la province centrale du Pendjab, aurait été vu par des voisins en train de brûler des pages du livre sacré musulman, a indiqué à l'AFP un officier de la police locale, Miraz Arif Rasheed.

Lorsqu'on lui a demandé ce qu'il faisait, il a indiqué que son enseignant lui avait dit que le feu était la meilleure manière de détruire un exemplaire usé du Coran.

Pour les musulmans, le livre sacré est la parole de Dieu transmise au prophète Mahomet, chaque exemplaire est lui-même considéré comme sacré et il faut donc se débarrasser des Corans usagés de façon respectueuse.

Deux façons sont considérées comme acceptables: en emballant le livre soigneusement avec un linge avant de l'enterrer, ou en le plaçant dans de l'eau vive jusqu'à ce que les lettres soient délavées.

Les lois controversées punissant le blasphème prévoient une peine de réclusion à perpétuité pour tout manque de respect au Coran.

Ce type de comportement est également susceptible de déclencher des réactions violentes de foules fanatiques. Ainsi, dans la même localité, une foule en fureur a brûlé un couple de chrétiens en 2014, après qu'ils aient été vus en train de jeter de vieux papiers comportant des inscriptions qu'un voisin illéttré a pris pour de possibles pages du Coran.

"L'étudiant et l'enseignant ont été mis en examen" et encourent "une peine de réclusion à perpétuité", a indiqué M. Rasheed.

Ce cas intervient au lendemain d'un renvoi par la Cour suprême pakistanaise d'un ultime appel d'Asia Bibi, une mère de famille chrétienne condamnée à mort pour blasphème en 2010.

Accusée d'avoir insulté le prophète Mahomet, Asia Bibi est devenue en six ans de combat judiciaire un emblème des dérives de la loi anti-blasphème, et nombre de défenseurs des droits de l'Homme ainsi que le Vatican ont réclamé sa libération.

La Cour suprême devait rendre une décision définitive sur son cas jeudi à Islamabad, mais l'audience a été renvoyée sine die après le désistement d'un juge dans un contexte de tensions et de menaces.

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