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14/10/2016 04:19 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

Sénégal: visé par l'opposition, le frère du président Sall démissionne d'une société pétrolière

Un frère du président sénégalais Macky Sall a annoncé sa démission de son poste d'administrateur d'une société pétrolière en contrat avec l'Etat pour exploiter des gisements de gaz, après des critiques de l'opposition qui appelle à manifester vendredi à Dakar.

Dénonçant une "campagne de diabolisation" à son encontre, dans un message privé sur sa page Facebook, consulté par l'AFP, Aliou Sall indique que Timis Corporation, dirigée par l'homme d'affaires australo-roumain Frank Timis, lui a désormais confié "le développement des projets d'avenir" en Afrique.

"Pour mettre à l'aise le président de la République, j'ai démissionné de mon poste d'administrateur de Timis Corporation Sénégal", écrit-il.

Joint vendredi par l'AFP, M. Sall, également maire de Guédiawaye, une commune de la banlieue de Dakar, a confirmé l'information."Je ne vais plus m'occuper de activités du groupe au Sénégal", a-t-il précisé.

Le groupe Timis est associé à la compagnie américaine Kosmos Energy, basée à Dallas (Texas, sud des Etats-Unis), pour l'exploitation des réserves de gaz d'un gisement à cheval sur la Mauritanie et le Sénégal.

MM. Sall et Timis ont porté plainte lundi contre onze personnes dont des opposants, incluant l'ex-Premier ministre Abdoul Mbaye, et des journalistes pour "diffamation, diffusion de fausses nouvelles et association de malfaiteurs" dans ce dossier.

"Ce n'est pas Aliou Sall qu'ils visent. C'est Macky Sall et son pouvoir", a estimé Me El Hadji Diouf, avocat de MM. Sall et Timis. Aliou Sall ne possède aucune part dans les sociétés de M. Timis, mais "on le présente comme un dealer, un magouilleur, un corrompu", a ajouté Me Diouf.

La coalition de l'opposition critique depuis des mois "l'implication manifeste" du frère du chef de l'Etat dans le domaine des hydrocarbures au Sénégal.

Elle a annoncé une marche vendredi après-midi à Dakar pour défendre les libertés et une plus grande transparence dans la gestion des gisements de gaz et de pétrole découverts ces dernières années.

La marche a été autorisée par les autorités qui ont cependant demandé aux opposants d'en changer l'itinéraire, ce que ces derniers ont refusé, faisant craindre des tensions dans la capitale.

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