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13/10/2016 23:30 EDT | Actualisé 14/10/2017 01:12 EDT

Première visite en 30 ans d'un président chinois au Bangladesh

Le président chinois Xi Jinping est en visite vendredi au Bangladesh avec deux dizaines de milliards de dollars en poche, premier déplacement en trois décennies d'un chef d'Etat chinois dans ce pays de la sphère d'influence indienne.

Pays pauvre de 160 millions d'habitants, le Bangladesh a besoin de dizaines de milliards de dollars d'investissements dans ses infrastructures et dans le domaine énergétique pour dynamiser son économie.

Le Bangladesh a connu une croissance annuelle de 6% en moyenne sur la dernière décennie. Insuffisant selon la Banque mondiale, qui estime qu'il faudrait au moins huit points de croissance annuelle pour permettre les massives créations d'emplois nécessaires aux jeunes générations.

Au cours de ce déplacement de deux jours, le président chinois devrait signer des prêts et des investissements destinés à ce pays pour un montant total de quelque 20 milliards de dollars, ont indiqué des responsables bangladais.

Il inaugurera également une zone industrielle située à proximité du port stratégique de Chittagong (sud). Le Bangladesh espère y attirer des industriels chinois, appâtés par le faible coût de la main-d'oeuvre locale.

"Les coûts du travail en Chine sont six à sept fois plus élevés qu'au Bangladesh. Rien que cette Zone Économique Spéciale peut apporter 5 à 7 milliards de dollars d'investissements chinois", s'est réjoui Abdul Matlub Ahmad, président de la fédération des chambres de commerce et d'industrie du Bangladesh.

Il faut remonter à 1986 et Li Xiannian pour trouver la trace de la dernière visite d'un président chinois au Bangladesh, pays allié traditionnel de l'Inde.

New Delhi avait aidé Dacca à acquérir son indépendance du Pakistan lors de la guerre de 1971 et soutient le gouvernement actuel de la Première ministre Sheikh Hasina.

"L'Inde surveille les liens grandissants du Bangladesh avec Pékin. Mais le Bangladesh améliore ses liens avec la Chine tout en faisant bien attention à ne pas mettre en danger ses relations avec l'Inde", a déclaré à l'AFP Ali Riaz, professeur de science politique à l'université d'État de l'Illinois (Etats-Unis).

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