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13/10/2016 21:18 EDT | Actualisé 14/10/2017 01:12 EDT

Lucien Bouchard invite le PQ à la prudence sur la question identitaire et l’immigration

L'ancien premier ministre péquiste Lucien Bouchard a semblé prendre ses distances avec le nouveau chef du Parti québécois, Jean-François Lisée. M. Bouchard a affirmé jeudi soir lors d'un discours sur l'œuvre de René Lévesque que ce dernier se serait inquiété des débats en cours actuellement au parti sur les questions identitaires et de l'immigration. 

L'ancien premier ministre du Québec a affirmé que le fondateur du Parti québécois, René Lévesque, s'inquièterait de tout dévoiement identitaire craignant l'effet d'exclusion qu'en subiraient les nouveaux arrivants et les minorités issues de l'immigration.

René Lévesque n'aurait pas apprécié le discours cherchant à limiter l'immigration ou à imposer des normes particulières aux immigrants, selon M. Bouchard. M. Lévesque était « à l'affut de tout dérapage » de son parti sur ces questions, selon l'ancien premier ministre. M. Lisée prône une réduction des seuils d'immigration.

Dans le même esprit, « il aurait pris ses distances avec la malencontreuse charte des valeurs » de l'ex-gouvernement Marois, a-t-il estimé.

Après son discours, livré au pavillon Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec, M. Bouchard a refusé de préciser sa pensée devant les journalistes. « Vous me permettrez de m'en tenir à mon texte », a-t-il dit.

Jean-François Lisée a admis avoir des divergences d'opinions avec Lucien Bouchard. « On a beaucoup discuté de ces questions-là, M. Bouchard et moi, à travers les années, on a des divergences sur certains aspects et des convergences sur d'autres », a-t-il dit.

Laissant René Lévesque de côté, Lucien Bouchard a dénoncé l'accusation de provincialisme lancée par la députée Martine Ouellet à ses adversaires de la course à la direction du PQ.

Sans nommer personne, M. Bouchard a dit ne pas comprendre « la répugnance exprimée par certains à gouverner une province ».

Il a reproché à ces souverainistes pressés et intransigeants de « minimiser le rôle crucial » du gouvernement du Québec, avec son statut actuel, « dans la survie et le développement de notre peuple ».

« C'était un de mes bouts préférés » de son discours, a dit par la suite M. Lisée.