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14/10/2016 03:31 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

Libre-échange Canada-Union européenne: la Wallonie s'en mêle

BRUXELLES — La région belge de la Wallonie s'oppose elle aussi à l'accord de libre-échange entre le Canada et l'Union européenne (UE) qui doit être signé sous peu.

Le ministre-président wallon Paul Magnette a indiqué vendredi qu'il ne donnera «pas les pleins pouvoirs au gouvernement fédéral et la Belgique ne signera pas (l'accord) le 18 octobre», date d'une rencontre des ministres européens du Commerce pendant laquelle les 28 membres de l'UE décideront d'approuver ou non l'entente.

La Wallonie craint que l'accord ne rende les secteurs agricole et industriel vulnérables à des importations canadiennes bon marché. Les militants environnementaux et les syndicats préviennent de leur côté que de telles ententes internationales risquent d'abaisser les normes locales dans des domaines comme l'alimentation et le travail.

M. Magnette estime que «la déclaration interprétative ne nous offre pas suffisamment de garanties» et il a lancé un appel au dialogue.

Le plus haut tribunal allemand avait rejeté jeudi la demande d'injonction déposée par des opposants souhaitaient que la ratification de l'entente soit suspendue. Les plaignants voulaient contraindre le gouvernement allemand à voter contre l'entente commerciale, le 18 octobre, afin que le tribunal ait le temps de déterminer si elle contrevenait aux principes démocratiques.

L'approbation du pacte lors d'une rencontre des ministres européens du Commerce la semaine prochaine est nécessaire à la tenue d'un sommet Canada-UE prévu plus tard ce mois-ci et pendant lequel le premier ministre Justin Trudeau et ses homologues européens parapheront l'entente.

Le Canada et l'UE se sont engagés à signer l'accord cette année et à le ratifier l'an prochain.

La ministre canadienne du Commerce international, Chrystia Freeland, a déclaré qu'il s'agit d'une entente «en or» qui offrira au Canada un meilleur accès à un marché de plus de 400 millions de consommateurs.

Les adversaires de l'AECG se méfient grandement du Partenariat transatlantique de commerce et d'investissement (TTIP) en cours de négociation entre l'Union européenne et les États-Unis, et craignent que l'AECG ne lui serve de modèle.