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14/10/2016 05:19 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

Le Portugal taxera le patrimoine immobilier des contribuables fortunés

Le Portugal prélèvera à partir de 2017 une taxe sur le patrimoine immobilier des contribuables fortunés, afin de financer son système de retraite, a annoncé vendredi le Premier ministre socialiste Antonio Costa.

"La taxation des grandes fortunes immobilières servira à renforcer la pérennité de notre système de Sécurité sociale et contribuera à la justice fiscale", a-t-il déclaré devant les députés, quelques heures avant la présentation du projet de budget 2017.

Cet impôt, vivement critiqué par le secteur immobilier qui redoute un coup de frein sur l'investissement étranger, sera prélevé sur les patrimoines immobiliers d'une valeur fiscale atteignant le seuil de 600.000 euros et aura un taux de 0,3%, ont rapporté les médias locaux.

La recette de cette taxe, soit 170 millions d'euros par an selon la presse, "permettra d'augmenter les retraites", a précisé Catarina Martins, dirigeante du Bloc de gauche, l'un des alliés du gouvernement.

Ce projet, à l'étude depuis septembre, a suscité l'ire du secteur immobilier, au moment où des investisseurs et particuliers étrangers affluent au Portugal pour acquérir des maisons et appartements.

Au premier rang des acheteurs étrangers figurent les Français (27%), dont de nombreux retraités attirés par des exonérations fiscales, suivis des Britanniques (18%) et des Chinois (13%).

Le seuil de 600.000 euros permettra toutefois d'épargner la plupart des bénéficiaires des visas "gold", des permis de séjour accordés à des investisseurs non-européens qui gagnent ainsi accès à l'espace Schengen.

Pays en mal d'investissement, le Portugal octroie depuis fin 2012 ces visas à des candidats prêts à débourser au moins 500.000 euros pour un achat immobilier, investir au moins un million d'euros ou encore créer dix emplois.

En quatre ans, au total 3.888 visas "dorés", soit un investissement de 2,37 milliards d'euros, ont été accordés, dont 2.879 à des Chinois, suivis des Brésiliens et Russes.

Selon le groupe de travail des députés de gauche qui ont planché sur la nouvelle taxe, un seuil de 500.000 euros aurait touché environ 43.000 contribuables au Portugal.

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