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14/10/2016 08:43 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

"Jungle" de Calais: inquiétude du Conseil de l'Europe avant le démantèlement

Les autorités françaises doivent publier un plan "détaillé" pour faire en sorte que tous les migrants disposent d'une solution d'hébergement alternative, avant d'entamer le démantèlement de la "jungle de Calais", a plaidé vendredi un émissaire du Conseil de l'Europe, après une visite sur place.

Cette préoccupation vaut "en particulier" pour "les mineurs isolés étrangers et les familles", a souligné Tomas Bocek, le représentant spécial du secrétaire général de l'organisation européenne pour les questions de migrations et de réfugiés.

Les autorités françaises "n'ont pas été en mesure de me donner des détails précis sur ce qui est envisagé, ni sur les modalités de démantèlement du camp", a déploré M. Bocek, qui a effectué les 12 et 13 septembre une visite à Calais et dans le camp de Grande-Synthe (près de Dunkerque, également dans le nord de la France).

"Si la nécessité de trouver d'autres solutions d'hébergement pour les résidents du camp avant l'hiver est légitime, préoccupation dont les autorités ont fait état, ce délai risque d'être trop court et d'empêcher les pouvoirs publics de prendre les mesures nécessaires pour que tous les résidents aient un hébergement adéquat", explique le diplomate tchèque.

En outre, "rien n'a encore été dit sur ce qui sera fait pour les mineurs non accompagnés présents dans le camp", a relevé M. Bocek. "L'absence de protection" de ces quelque 1.000 enfants et adolescents, vivant "dans des conditions indignes", "est extrêmement préoccupante et appelle une solution d'urgence", a-t-il ajouté, d'autant que "pour échapper à la menace imminente d'une expulsion, des enfants risquent chaque jour leur vie pour gagner le Royaume-Uni clandestinement, au lieu d'attendre de pouvoir y entrer légalement par des voies officielles".

Le président français François Hollande a promis fin septembre le "démantèlement complet" d'ici à "la fin de l'année" du camp de migrants de Calais, où s'entassent entre 7.000 et 10.000 migrants selon les comptages.

Le Premier ministre Manuel Valls a parlé le 2 octobre d'une opération "dans les prochaines semaines" alors que les préfets ont jusqu'au 15 octobre pour identifier quelque 8.200 nouvelles places d'hébergement, aux termes d'une note interne du ministère de l'Intérieur de début septembre.

Le Défenseur des droits Jacques Toubon a exprimé le 6 octobre ses "inquiétudes les plus vives" sur les conditions du démantèlement du camp, en soulignant que "le dispositif d'accueil et de mise à l'abri sur place des mineurs non accompagnés" n'était "toujours pas opérationnel".

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