NOUVELLES
14/10/2016 03:00 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

France : Hollande "regrette profondément" ses critiques contre la justice (lettre aux autorités judiciaires)

François Hollande "regrette profondément" ses critiques contre la justice citées dans un livre, qui ont été ressenties "comme une blessure par les magistrats", a écrit le président français dans une lettre adressée aux autorités judiciaires.

Le chef de l'Etat avait évoqué la "lâcheté" de la magistrature lors de confidences à deux journalistes dont le livre est paru jeudi, provoquant un tollé dans le monde judiciaire. Ces déclarations sont "sans rapport avec la réalité de ma pensée", écrit le président français dans cette lettre au Conseil de la magistrature et aux principaux magistrats de France .

"Je regrette profondément ce qui a été ressenti comme une blessure par les magistrats dont je mesure, chaque jour, le courage et le dévouement dans la mission difficile qui est la leur. Je tiens à vous assurer de la confiance que je porte dans la magistrature et dans celles et ceux qui la font vivre et qui méritent le plus grand respect", poursuit M. Hollande.

Dans le livre "Un président ne devrait pas dire ça", M. Hollande avait notamment évoqué la "lâcheté" de la magistrature. "Cette institution, qui est une institution de lâcheté... Parce que c'est quand même ça, tous ces procureurs, tous ces hauts magistrats, on se planque, on joue les vertueux... On n'aime pas le politique. La justice n'aime pas le politique...", avait-il déclaré.

Le chef de l'Etat s'est attiré en retour une rare bronca de l'ensemble de l'institution judiciaire. Le conseil supérieur de la magistrature (CSM), chargé d'assister le président "dans sa fonction constitutionnelle de garant de l'indépendance de l'autorité judiciaire", avait notamment dénoncé ces propos comme "dangereux et injustes".

Le favori à la primaire de la droite Alain Juppé a estimé de son côté qu'avec de tels propos, François Hollande "a manqué gravement aux devoirs de sa fonction et démontré une nouvelle fois qu'il n'est pas à la hauteur de sa charge".

Les magistrats ont pris acte vendredi d'un "début d'explication" de François Hollande.

bpa/mat/nou/at