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14/10/2016 10:35 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

Dette grecque: la balle est "dans le camp" des Etats membres (Moscovici)

La balle est "dans le camp" des Etats membres de la zone euro, a affirmé le commissaire européen aux Affaires économiques, Pierre Moscovici, en réponse à une lettre ouverte de trente-six eurodéputés en faveur d'un allègement rapide de la dette grecque.

Dans une lettre, dont l'AFP a obtenu copie vendredi, M. Moscovici rappelle qu'en échange du respect des engagements de réformes réclamées à Athènes, l'Eurogroupe s'était engagé en mai dernier à discuter à l'automne de la mise en oeuvre d'une série de mesures sur l'allégement de la dette de la Grèce.

"Je tiens à souligner que les Etats membres de la zone euro, seuls créanciers au titre des programmes d'assistance, sont maîtres de la décision en la matière", écrit le commissaire européen.

"Il leur revient de prendre aussi leurs responsabilités dans cet accord politique", insiste-t-il.

"J'attends donc qu'ils s'engagent pleinement dans ce processus cet automne. La balle est clairement dans leur camp", estime M. Moscovici, en assurant que la Commission "soutiendra ce processus essentiel pour la Grèce et la zone euro".

Dans leur lettre, les 36 eurodéputés - socialistes, verts et de gauche - de dix pays de l'UE, surtout du sud de l'Union, estimaient que "de toute urgence, la Grèce doit sortir du cercle vicieux de la récession et de la déflation" où elle est engluée depuis six ans.

Et de mettre en garde: "Tout retard supplémentaire en ce qui concerne l'ouverture de discussions concrètes et concluantes sur l'allégement de la dette pourrait avoir des résultats dévastateurs sur l'économie grecque".

Les députés européens appelaient à la mise au point, d'ici fin 2016, "d'une feuille de route claire pour l'allégement de la dette grecque", qui atteint à près de 180% du PIB.

"Ils ont frappé à ma porte, tant mieux (...) La Commission européenne ne se dérobera pas, nous devons jouer notre rôle d'honnête courtier porteur d'une espérance pour la Grèce", avait expliqué jeudi M. Moscovici dans une interview à l'AFP.

Le geste substantiel exigé de la Grèce en échange de ses efforts pour se conformer aux demandes de ses créanciers pour plus d'austérité et de libéralisation de l'économie se heurte à l'intransigeance de l'Allemagne, qui renvoie à un règlement de fond après les élections qu'elle organisera fin 2017.

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