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14/10/2016 14:21 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

Climat: la communauté internationale proche d'un accord sur l'élimination des gaz HFC

La communauté internationale apportait la touche finale, dans la nuit de vendredi à samedi à Kigali, à un accord pour l'élimination progressive des hydrofluorocarbures (HFC), des gaz extrêmement nocifs pour le climat utilisés dans les réfrigérateurs et climatiseurs.

Les représentants de près de 200 pays réunis dans la capitale rwandaise "négocient les derniers détails", a tweeté le ministère rwandais des Ressources naturelles, sans préciser la nature de ces "détails" qui pourraient tenir les délégués encore éveillés pendant une partie de la nuit.

Mais d'autres se réjouissaient déjà de l'adoption dans les prochaines heures d'un accord sous la forme d'un amendement au Protocole de Montréal sur la protection de la couche d'ozone.

"C'est une grande victoire pour le climat. Nous avons fait un pas important en vue de concrétiser les promesses formulées à Paris en décembre" lors de la COP21, a déclaré le Commissaire européen au Climat Miguel Arias Canete, cité dans un communiqué.

Ces déclarations suggèrent l'aboutissement tout proche d'âpres négociations sur un calendrier en vue d'une diminution progressive de la production et de la consommation de HFC, question particulièrement épineuse pour des pays tels que l'Inde, immense puissance économique en voie de développement.

La plupart des pays sont prêts à diminuer leur production et utilisation de HFC à partir de 2021, des alternatives existant déjà, sous forme d'hydrocarbures, de dioxyde de carbone, d'ammoniac, d'eau ou d'hydrofluoroléfines (HFO).

Mais plusieurs projets d'amendements étaient sur la table. Ils proposent différentes dates pour le gel de la production et de la consommation de HFC, avant une diminution progressive à des rythmes variables, les pays riches étant invités à agir plus tôt et plus rapidement que les pauvres.

- Intérêts nationaux -

Les HFC sont utilisés depuis les années 1990 en remplacement des CFC (chlorofluorocarbures), principaux responsables de la destruction de la couche d'ozone. Mais s'ils sont bons pour l'ozone, ils se sont révélés désastreux pour le climat. D'où l'idée, lancée dès 2009, d'un amendement au Protocole de Montréal pour leur suppression.

Une autre question devait également être réglée vendredi: le financement de la transition pour les pays en développement. Fin septembre, 16 pays (Etats-Unis, Japon, Allemagne, France...) et 19 organismes et donateurs privés réunis à New York avaient déjà promis une aide de 80 millions de dollars (71,5 millions d'euros).

Dans un discours prononcé devant les délégués, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré qu'"aucun pays n'a le droit de tourner le dos à cet effort" et rappelé que le monde est touché par de nombreux désastres environnementaux.

M. Kerry a rencontré, lors de réunions bilatérales, des représentants de la Chine et de l'Inde, deux grands consommateurs de HFC.

"Tout accord doit être souple pour toutes les parties prenantes. Clairement, notre position a été élaborée pour prendre en compte nos intérêts nationaux", avait déclaré jeudi Ajay Narayan Jha, haut responsable du ministère indien de l'Environnement.

L'amendement devrait être adopté par consensus et sera juridiquement contraignant. Un accord serait une avancée majeure dans la lutte contre le réchauffement climatique et permettrait aussi de donner un signal positif à quelques semaines de la prochaine grande conférence annuelle sur le climat (COP22), à Marrakech (Maroc).

- Poursuivre les efforts -

Présents également dans certains aérosols ou pour la fabrication de mousses isolantes, les hydrofluorocarbures (HFC) sont de redoutables gaz à effet de serre (GES), ceux dont les émissions augmentent le plus vite, à un rythme de 10 à 15% par an.

Avec le pacte de Paris, la communauté internationale s'est engagée à agir pour contenir la hausse de la température globale "bien en deçà de 2°C" par rapport au niveau préindustriel et à "poursuivre les efforts" pour la limiter à 1,5°C.

Or l'élimination des HFC pourrait réduire de 0,5°C le réchauffement mondial d'ici à 2100, selon une étude publiée en 2015 par l'Institute for governance and sustainable development (IGSD), un groupe de réflexion. A l'horizon 2030, elle permettrait d'éviter jusqu'à 1,7 gigatonne d'équivalent CO2 par an, soit les émissions annuelles du Japon.

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