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14/10/2016 02:18 EDT | Actualisé 15/10/2017 01:12 EDT

Allemagne : Appel à élargir le procès sur des tueurs néo-nazis au meurtre d'une fillette

L'avocat des victimes d'un groupe de tueurs néo-nazis a appelé à élargir un procès en cours sur leur série d'assassinats racistes au meurtre d'une fillette commis en 2001, après la découverte de l'ADN d'un des principaux protagonistes près du corps de l'enfant.

L'ADN est celui d'Uwe Böhnhardt, membre avec Uwe Mundlos et Beate Zschäpe du groupuscule néonazi Clandestinité national-socialiste (NSU), tenu pour responsable d'une dizaine de meurtres racistes commis dans les années 2000 en Allemagne. Ses deux complices présumés s'étant tués, Mme Zschäpe est la seule du trio a être jugée depuis 2013.

"Je souhaite que Mme Zschäpe participe aussi à l'élucidation de cette affaire, qu'elle déballe tout ce qu'elle sait", a estimé dans le quotidien Kölner Stadt-Anzeiger Maître Mehmet Daimagüler, avocat des proches des victimes.

L'avocat a aussi déclaré à l'agence DPA que dans un appartement servant au trio de la NSU, un disque dur avec "des contenus pornographiques pédophiles" avait été retrouvé. "Qui savait? Qui l'a mis dessus? Uwe Böhnhardt, Uwe Mundlos, Beate Zschäpe ou tous les trois?".

Irene Mihalic, représentante des Verts dans une commission d'enquête parlementaire sur l'affaire NSU a aussi souligné la nécessité de creuser le lien: "C'est une nouvelle dimension (dans l'enquête). Nous devons la creuser".

Peggy Knobloch, une fillette allemande de 9 ans, avait disparu au retour de l'école le 7 mai 2001, à Lichtenberg, en Bavière, à la limite avec l'Etat régional de Thuringe (est). Ses restes n'ont été retrouvés qu'en juillet dernier par un chercheur de champignons, dans un bois du sud de la Thuringe. C'est près du corps que l'ADN de Böhnhardt a été retrouvé.

Le ministre de l'Intérieur Thomas de Maizière a salué vendredi "un résultat remarquable de la police scientifique".

Dans les deux affaires, les agissements des enquêteurs ont été critiqués.

Concernant la NSU, la police a longtemps soupçonné à tort les proches de des victimes permettant au trio de sévir et de tuer des années durant.

Dans l'affaire Peggy, un handicapé mental d'une vingtaine d'années avait reconnu avoir abusé sexuellement d'elle, ainsi que de trois autres enfants et avait été condamné à la prison à vie en 2004. Mais un témoin à charge important s'était rétracté en 2010 et il avait fini par être blanchi quatre ans plus tard.

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