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13/10/2016 04:34 EDT | Actualisé 13/10/2016 04:36 EDT

Alexandra Larochelle : le retour éclatant d'une ex-enfant écrivaine

MPaquet

Véritable phénomène littéraire il y a une décennie, Alexandra Larochelle a conquis une horde de lecteurs avec les six tomes de sa série fantastique Au-delà de l’univers, qu’elle a écrit entre 9 et 14 ans. Maintenant qu’elle a les deux pieds dans la vingtaine, elle publie son deuxième roman « adulte », Des papillons pis du grand cinéma, avec une plume ô combien rafraichissante, un sens du rythme incontestable et des histoires qui incitent les lecteurs à se couper du monde réel pour tourner les pages jusqu’à la fin.

papillons

Même si ses premiers écrits ont connu un succès monstre, avec des ventes totales frôlant les 100 000 copies, la jeune auteure n’avait pas l’intention de retourner à la littérature après avoir publié son dernier tome à 14 ans.

« J’avais rencontré un gars dans un party, alors que j’étais en plein processus d’édition. Quand il m’a appelée pour me revoir, j’étais intéressée, mais je lui ai répondu que je n’avais pas le temps, parce que je devais écrire et corriger mon roman… Mon père m’a entendu et il n’en revenait pas que j’aie dit ça. Il m’a suggéré d’aller le voir. Ensuite, mes parents m’ont conseillé de prendre une pause d’écriture pour vivre ma jeunesse. »

La parenthèse qui devait durer un an s’est finalement étirée jusqu’à l’université. « J’ai eu l’idée du roman Des papillons pis de la gravité, alors que j’allais encore à l’école. J’ai commencé à l’écrire sans savoir si je voulais être publiée, à temps perdu. Mais une fois l’histoire terminée, j’étais vraiment fière du résultat et mes premiers lecteurs étaient très enthousiastes. J’ai compris que la profession d’écrivaine ne serait peut-être pas mon métier principal, mais que je voulais toujours écrire. »

À des années-lumière de ses premières publications, ses nouveaux romans se concentrent sur Frédégonde Hautcoeur, une jeune femme dont le prénom est aussi peu agréable pour les oreilles que sa vie amoureuse est divertissante pour nos yeux de lecteurs.

Fille d’un papa féru d’histoire et orpheline de mère, franchement drôle et débordant d’autodérision, elle se décrit comme une beauté moyenne et un peu gauche. « Fred est cute dans sa maladresse. C’est une fille très spontanée, passionnée de la vie, assez directe dans ses propos et elle n’hésite pas à rire d’elle-même. »

Sa nature anti-Bimbo a tout de même pour effet de séduire certains représentants de la gent masculine aux charmes non négligeables. Ils seront plus d’un à vouloir devenir son tondeur de pelouse/amoureux officiel.

Mais que ceux et celles qui pensent découvrir un énième roman de chick-lit prévisible se ravisent : le rose gnangnan ne fait pas partie des couleurs préférées de la jeune femme, qui se proclame tout sauf romantique.

« Fred considère qu’elle ne mérite pas son conte de fées, parce qu’elle n’est pas princesse. Mais on réalise que malgré ce qu’elle prétend, elle aime un peu la romance. Sauf qu’elle a une façon bien à elle de la twister pour que ce ne soit pas trop rose ou trop pur. Parce que dans le fond, ça n’existe pas des histoires comme ça. Pas autour de moi, en tout cas. Et je voulais dépeindre la réalité amoureuse de ma génération. »

L’écrivaine écrit pour les jeunes adultes avant tout et s’amuse à créer une proximité de tous les instants avec les lecteurs. Particulièrement lorsque Frédégonde sort de son histoire pour s’adresser à eux directement. « Je voulais établir une grande complicité avec elle et que les gens se sentent vraiment interpellés. Comme s’ils parlaient avec leur grande chum en prenant un verre de vin, dans la même pièce qu’elle. Je pense que ça crée une implication différente. »

Plusieurs lecteurs ont certainement « pesté » contre l’auteure en découvrant la fin ouverte du premier roman, alors que Frédégonde doit choisir entre Christo le meilleur ami catapulté à Lyon et Kendrix le beau bohème écossais. Deux hommes qui font vibrer différentes facettes de sa personne.

« Kendrix, c’est l’aventure, la spontanéité, le côté You Only Live Once que Fred a en elle. Il vit au jour le jour, sans se soucier du lendemain. À son contact, elle réalise qu’elle est encastrée dans sa routine et que la vie peut être différente. Il la fait vraiment triper. À l’inverse, Christo est plus réfléchi. Il l’a connait par cœur. Il n’y a pas de surprise avec lui, mais une autre forme de passion et d’attachement. Elle ne peut pas s’empêcher de penser à lui et à leur complicité à tout casser. Ce sont deux sortes d’amours complètement différentes. »

La jeune femme vagabondera du Royaume-Uni à la Pologue, en passant par l’Allemagne et la France, à la recherche de réponses… et d’elle-même.

« Il fallait que Fred parte en voyage et qu’elle rencontre tous ces gens pour se connaître et savoir ce qu’elle veut. Je voulais illustrer le passage de l’adolescence à la vie adulte, en la suivant de ses 16 ans à ses 20 ans. C’est peut-être juste quatre ans, mais entre la fin du secondaire et les débuts à l’université, on se découvre tellement. C’est une période où tout va vraiment plus vite! Ses aventures vont l’aider à se trouver elle pour ensuite trouver l’amour. »

Des papillons pis du grand cinéma est le dernier volet de cette courte série, mais Alexandra Larochelle travaille déjà à un nouveau roman. Elle est également rédactrice idéatrice chez Frima Studio, où elle planche sur le développement de séries télé et de jeux vidéo.

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