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09/10/2016 12:24 EDT

Morte à 13 ans, elle était autorisée à consommer uniquement de l'eau durant 68 jours (VIDÉO)

La famille d'une adolescente indienne de 13 ans, morte début octobre après avoir observé un jeûne de deux mois, a été accusée d'homicide volontaire, des associations affirmant que la jeune fille avait été contrainte à se soumettre à une pratique du jaïnisme, a annoncé dimanche la police.

Aradhana Samdariya, 13 ans, avait sombré dans le coma deux jours après avoir achevé un jeûne de 68 jours. Le 4 octobre, elle était décédée à Hyderabad (sud), apparemment d'une crise cardiaque.

Ses parents et d'autres membres de la famille ont été inculpés d'homicide volontaire à la suite de plaintes déposées par plusieurs associations, a indiqué à l'AFP le policier chargé de l'enquête, M. Mattaiah.

"Pour l'instant, rien n'est clair", a-t-il souligné. "Le corps a été incinéré et notre enquête reposera sur le rapport médical. Nous interrogerons la famille avant de poursuivre" les investigations, a-t-il ajouté.

Le jaïnisme est une religion fondée en Inde au VIè siècle avant JC, dont les fidèles croient dans la réincarnation et qui insiste sur la non-violence absolue, la défense de l'environnement et l'ascétisme. Elle compte plus de 4 millions de fidèles dont la plupart vivent du commerce.

Selon sa famille, Samdariya s'était engagée à observer un jeûne de 68 jours au cours duquel n'est autorisée que la consommation d'eau bouillie deux fois par jour.

De grandes célébrations avaient eu lieu lorsque Samdariya a achevé son jeûne, auxquelles avaient participé des centaines de membres de la communauté jaïne et des hommes politiques prenant des selfies les immortalisant avec l'adolescente.

Plus de 600 personnes ont assisté aux funérailles de cette "enfant sainte".

Selon la presse, un prêtre avait conseillé à la famille de demander à la fillette de jeûner afin d'apporter la prospérité à leur affaire, qui commençait à péricliter.

La grand-mère de l'adolescente, Manekchand Samdariya, a rejeté cette version, affirmant que la famille était traumatisée par sa mort et que "personne ne l'avait forcée à jeûner".

Samdariya avait déjà jeûné "pendant 34 jours en 2015 et huit jours en 2014", a-t-elle dit à l'AFP.

"Les gens sont venus exprimer leur sympathie après sa mort. Il n'était pas question de religion", a-t-elle encore assuré.

Les jeûnes rituels sont surtout observés par les anciens dans le jaïnisme. En 2015, un tribunal de l'ouest de l'Inde avait interdit le "Santhara", une pratique consistant à jeûner jusqu'à la mort. Mais cette interdiction avait été annulée par la cour suprême estimant que ce rituel était une composante de la non-violence.

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