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07/10/2016 09:02 EDT | Actualisé 07/10/2016 09:03 EDT

«1:54» de Yan England: les acteurs unis contre l'intimidation (VIDÉO)

Avec 1:54, le réalisateur Yan England aborde de front l’intimidation scolaire. Derrière les personnages principaux, trois jeunes comédiens qui ont connu à leur manière des situations difficiles dans leurs écoles. À l’occasion de la sortie du film la semaine prochaine, Sophie Nélisse, Antoine Olivier Pilon et Lou-Pascal Tremblay se confient au Huffington Post Québec.

Soyez prévenus. Le premier long métrage de Yan England ne passe pas par quatre chemins lorsqu’il s’agit d’aborder l’intimidation. Entre les couloirs d’une école secondaire, on accompagne les tentatives désespérées de Tim qui tente d'en finir avec les brimades et les moqueries. Interprété à l’écran par Antoine Olivier Pilon, l’acteur se souvient aussi avoir vécu les sarcasmes de ses camarades.

«Je me suis fait intimider très tôt, dès le primaire en fait, raconte Olivier Pilon en entrevue. Je suis né à Montréal, mais à l’âge de trois ans, mes parents ont déménagé en campagne et c’est là que l’intimidation a commencé. J’étais le gars de la ville qui arrivait et comme je n’étais pas grand de taille, des élèves ont commencé à en profiter.»

Sans donner plus de détails sur cette période dont il ne garde évidemment pas un bon souvenir, les rôles se sont en quelque sorte inversés au secondaire lorsqu’il est retourné vivre à Montréal. «Inconsciemment, c’est moi qui me suis transformé en un intimidateur. Si je suis capable de le dire aujourd’hui, c’est parce que j’ai réussi à m’excuser auprès des personnes que j’ai intimidées. J’ai fait la paix avec tout cela.»

De son côté, Lou-Pascal Tremblay se rappelle avoir été un élève turbulent jurant n’avoir jamais fait preuve d’intimidation auprès des autres. «Je n’en ai pas vécu non plus, raconte-t-il. Je crois avoir eu beaucoup de chance puisque j’ai commencé tôt dans le métier d’acteur et les gens auraient pu me pointer du doigt. J’étais le cool à l’école. Oui, cela m’est arrivé de jeter des bouts de papier, mais si je l’ai fait, c’est sans malice.»

L’arrivée des réseaux sociaux

Lou-Pascal Tremblay incarne le méchant de l’histoire dans 1:54. «Un personnage qui ne me ressemble pas dans la vraie vie», précise-t-il. Toutefois, il avoue que depuis sa participation au long métrage, il a réalisé que des gestes aussi anodins soit ils peuvent avoir des répercussions inattendues et graves. «À l’école, on ne comprend pas toujours qu’il peut y avoir des élèves vulnérables qui souffrent beaucoup. Je crois que c’est important que le film soit vu par le plus grand nombre. C’est une œuvre utile.»

C’est d’ailleurs en partie le thème de l’intimidation qui a convaincu Sophie Nélisse de rentrer dans l’aventure. «Je trouve important de s’investir à la cause, car l’intimidation est une réalité quotidienne pour beaucoup d’élèves. Il faut en parler pour dire aux victimes qu’elles ne sont pas seules.»

L’actrice en profite pour dire que de nouvelles formes d’intimidation sont apparues depuis l'arrivée des réseaux sociaux. «Il n’y a plus de répit. Avant, cela se déroulait entre les murs de l’école, mais maintenant c’est tout le temps jusque dans la maison avec Facebook, Snapchat, Instagram ou autres.»

«Et il n’y a plus vraiment de témoins, ajoute Antoine Olivier Pilon. L’intimidation se passe souvent sans que les élèves se rencontrent via le partage de vidéo ou de photos. C’est tellement facile de briser la vie des jeunes à distance avec ces nouveaux outils.»

Mais Olivier Pilon se veut rassurant. L’intimidation n’est souvent qu’une période dans la vie d’un jeune. «Cela ne vous suit pas toute votre existence, explique-t-il. C’est présent au secondaire, mais après au Cegep, il y a une certaine maturité qui s’installe entre les étudiants. Celui qui se fait intimider n’est pas coupable et il n’a rien à se reprocher.»

1:54 – Les Films Séville – Drame psychologique – 105 minutes – Sortie en salles le 14 octobre 2016 – Canada, Québec.

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