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06/10/2016 14:23 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

USA: l'ouragan Matthew transforme une station balnéaire en ville fantôme

En 16 ans de mariage, ce devait être leurs premières vacances à la mer en Caroline du Sud, mais l'ouragan Matthew qui s'approche avec des vents soufflant jusqu'à 220 km/h en a décidé autrement, et la famille Runge doit plier bagages.

"Le personnel de l'hôtel nous a dit que nous devions partir", explique Patti Runge à l'AFP, alors que son fils de 15 ans et de sa fille de 13 ans sont déjà installés dans la voiture près à quitter Myrtle Beach, une station balnéaire prisée de la côte est des Etats-Unis.

"S'ils nous avaient laissés, nous serions bien restés", poursuit-elle dans un rire, soulignant que dans l'Etat de New York où la famille réside, le climat peut être extrême avec des tempêtes recouvrant parfois leur jardin de 2 mètres 50 de neige.

Mais la famille n'a d'autre choix que de partir, après l'ordre donné par la gouverneure de Caroline du Sud, Nikki Haley, d'évacuer les zones côtières à partir de 16H00 GMT jeudi, pour se protéger de Matthew qui pourrait faire d'énormes dégâts, après avoir dévasté plusieurs pays des Caraïbes sur son passage.

"Nous sommes mariés depuis 16 ans et c'est la première fois que nous partions en vacances en famille à la mer", regrette son époux Mike, au moment où la famille s'apprête à refaire en sens inverse les 14 heures de route qui les séparent de chez eux.

La veille encore, la station balnéaire "était bondée", remarque-t-il. "Et maintenant, c'est devenu une ville fantôme", poursuit Patti.

- 18 millions de touristes -

"Nous étions en train d'avoir l'une des meilleures saisons d'automne jamais vue", souligne en effet Keith Pierce, responsable des relations publiques pour la chambre de commerce locale.

Les vastes plages de sable blanc et les températures chaudes de l'océan sur cette partie de la côte américaine baptisée the "Grand Strand" avaient attiré quasiment 18 millions de touristes en 2015, et la saison qui s'étend habituellement jusqu'à début novembre battait son plein avec plus de 80% des hôtels occupés la semaine dernière, énumère M. Pierce.

Mais en l'espace de quelques heures mercredi et jeudi, les rues se sont vidées, la plupart des hôtels et commerces fermant leurs portes, certains les barricadant physiquement.

Sur la plage, quelques badauds s'aventuraient encore comme Kelly Allmendinger, une barmaid de 26 ans.

"Hier, cet endroit était rempli de monde et en venant aujourd'hui on s'est dit: +Oh mon Dieu, il n'y a personne ici+", explique-t-elle sous un ciel couvert.

"Les vagues sont nettement plus puissantes qu'elles ne l'étaient hier", poursuit la jeune femme dont la famille a prévu de passer la tempête recluse, plutôt que de prendre la route.

"On est passé d'un endroit complètement bondé au sentiment d'être plutôt isolés", remarque pour sa part Sandra Church, une organisatrice de mariages venue montrer les vagues à ses trois enfants.

"Je suis un peu nerveuse", concède la mère de famille qui n'a jamais connu d'ouragan. "Mais j'ai une Mustang prête à partir, juste au cas où", assure-t-elle.

Non loin de là, une autre famille, venue de Pennsylvanie, est sur le départ. Ils se disent trop stressés pour répondre aux questions des journalistes et s'activent à la hâte à remplir deux voitures de grands sacs plastiques contenant toutes leurs affaires, avant de fuir vers le nord.

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