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06/10/2016 04:24 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

UE: le cas Neelie Kroes soumis au comité d'éthique de la Commission

La Commission européenne a annoncé jeudi avoir soumis pour avis à son comité d'éthique le dossier Neelie Kroes, son ex-commissaire à la Concurrence soupçonnée d'avoir caché pendant son mandat qu'elle était administratrice d'une société offshore aux Bahamas.

L'exécutif européen agit ainsi de la même manière qu'avec son ex-président José Manuel Barroso (2004-2014), dont l'embauche très controversée par la banque Goldman Sachs a été soumise à l'examen des trois membres de ce comité, aux avis non contraignants.

"Le comité d'éthique ad hoc examine les deux situations", a déclaré un porte-parole de la Commission, Alexander Winterstein, interrogé lors du point-presse quotidien de l'institution.

"Concernant le calendrier, je ne peux vous donner aucun détail car comme vous savez, ce comité travaille de manière indépendante par rapport à la Commission", a-t-il ajouté.

D'après les documents révélés par plusieurs médias le 22 septembre, Mme Kroes a été administratice de Mint Holdings Ltd., une entreprise offshore des Bahamas, "du 4 juillet 2000 au 1er octobre 2009".

Or, entre 2004 et 2009, l'ex-ministre néerlandaise était commissaire à la Concurrence, alors que le code de conduite de l'UE stipule que "les membres de la Commission ne peuvent exercer aucune autre activité professionnelle, rémunérée ou non".

Les commissaires européens doivent, au début de leur mandat, non seulement renoncer à toutes leurs fonctions de direction mais aussi notifier dans un registre public toutes celles exercées les dix années précédentes.

Si Neelie Kroes se défend de toute mauvaise intention, le cas a pris aux yeux d'ONG et de nombreux élus de gauche un relief particulier.

En effet Mint Holdings Ltd l'avait chargée dans les années 2000 de négocier un rachat d'actifs du géant américain en faillite Enron, dans le secteur de l'énergie dont elle était par ailleurs familière au titre de ses fonctions politiques.

Le 27 septembre, la Commission avait annoncé avoir reçu une lettre de réponse de Mme Kroes aux demandes d'"éclaircissement" formulées par son président Jean-Claude Juncker dès ces révélations "Bahamas Leaks". Aucun détail n'a été divulgué sur le contenu de ces courriers.

Le manque de transparence reproché à l'exécutif européen et les supposées lacunes de ses règles d'éthique ont donné lieu à une pétition de protestation lancée par des employés des institutions européennes (Conseil, Commission, Parlement).

Cette pétition réclamant des réformes, qui a recueilli à ce jour plus de 151.000 signatures selon l'un des initiateurs, doit être remise le 12 octobre aux trois présidents des institutions.

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