NOUVELLES
06/10/2016 09:27 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

Syrie: pour Assad, "pas d'autre option" que d'expulser les rebelles d'Alep

Le président syrien Bachar al-Assad a averti jeudi les rebelles d'Alep que ses forces n'auront "pas d'autre option" que de les chasser de la ville s'ils ne signent pas un accord avec le gouvernement.

M. Assad s'exprimait dans le cadre d'une interview à la télévision danoise TV2 diffusée jeudi, deux semaines après le lancement par les forces du régime d'une campagne d'envergure à Alep, la deuxième ville du pays divisée depuis 2012.

Jeudi, l'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a dit craindre que les quartiers rebelles d'Alep ne soient "totalement détruits" avant la fin de l'année.

Lors de l'interview, M. Assad a estimé que la "meilleure option" pour Alep serait "la réconciliation comme dans d'autres zones", en référence à des villes ou quartiers où les insurgés ont conclu une trêve avec Damas.

Dans le cas contraire, il "continuera à combattre les rebelles jusqu'à ce qu'ils quittent Alep", a-t-il mis en garde. "Il n'y a pas d'autre option."

Les forces syriennes soutenues par l'aviation russe ont annoncé le 22 septembre le lancement d'une offensive contre les quartiers est d'Alep, contrôlés par les rebelles. Depuis, elles ne cessent de reprendre du terrain à l'opposition, à l'intérieur comme à la périphérie de la ville.

L'armée syrienne a annoncé mercredi avoir réduit ses bombardements notamment "pour permettre aux civils qui veulent partir d'atteindre des zones sûres".

Mais les très violents bombardements ont tué des dizaines de civils, détruit de nombreuses infrastructures dont le plus grand hôpital d'Alep-Est lundi, provoquant la condamnation des Occidentaux.

M. Assad a pour sa part nié que ses forces aient délibérément ciblé des infrastructures sanitaires ou restreint l'aide aux civils.

"Nous n'avons jamais empêché la fourniture de médicaments ou de produits alimentaires (...) à Alep est. Il n'y a aucun embargo", a-t-il assuré lors de l'interview.

"En tant que gouvernement, nous n'avons pas pour politique de détruire les hôpitaux, les écoles ou tout établissement similaire", a-t-il déclaré, ajoutant qu'une telle attaque reviendrait "à nous tirer une balle dans le pied" car elle décuplerait le soutien aux groupes antirégime.

Le président syrien a également nié l'existence de groupes rebelles non jihadistes en Syrie.

"Connaissez vous la licorne, cet animal semblable au cheval avec une longue corne? C'est un mythe. Et l'opposition modérée est (aussi) un mythe."

bur-lar/mjg/cmk/nbz