NOUVELLES
05/10/2016 20:22 EDT | Actualisé 06/10/2017 01:12 EDT

Les médias américains se laissent-ils prendre au jeu de Trump?

L'élection présidentielle en cours est l'une des plus suivies de l'histoire des États-Unis. La présence de Donald Trump y est évidemment pour beaucoup. Les retombées économiques sont alléchantes pour les médias qui obtiennent des records d'audience grâce à l'homme d'affaires, ancienne vedette de la téléréalité. Radio-Canada est allée à la rencontre de professionnels de l'information qui doivent décider chaque jour quoi faire avec le phénomène Trump.

Fox News, MSNBC et CNN connaissent cette année des records d'audience et de revenus publicitaires, estimés déjà à plus de 2,5 milliards de dollars.

« Les chaînes câblées aiment exploiter une histoire à fond et leur succès augmente pendant les élections », souligne Jesse Holcomb, directeur adjoint de la recherche au Pew Research Centre.

Que ce soit pendant les primaires ou pendant les dernières semaines de la campagne, les médias diffusent les moindres faits et gestes du candidat républicain, connu pour ses déclarations à l'emporte-pièce, ses mensonges et ses insultes personnelles à l'endroit de ses adversaires.

Ont-ils une part de responsabilité dans la popularité du candidat Trump et de sa montée dans les sondages?

« Je pense qu'ils [les médias] se sont laissés manipuler par Trump et le plus gros problème, c'est qu'ils ne vérifient même plus ses propos et ses mensonges », soutient pour sa part Angelo Carusone, vice-président général, Media Matters For America.

Les médias ont mis les bouchées doubles dans les dernières semaines de la campagne pour effectuer plus de vérifications des faits, face à la multiplication des énormités et des faussetés véhiculées par Trump et son équipe de campagne, font remarquer plusieurs journalistes.

Mais le travail des journalistes et la vérification de faits ont leurs limites.

« Donald Trump est arrivé où il est arrivé parce que son message a trouvé écho chez des dizaines de millions d'électeurs. Ce n'est pas nous qui avons créé ça, » soutient Roger Cohen, du New York Times.

D'après un reportage de Frédéric Arnould