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06/10/2016 05:43 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

L'émissaire de l'ONU craint la destruction totale de la partie est d'Alep fin 2016

Les quartiers rebelles d'Alep pourraient être totalement détruits à la fin de l'année et des milliers de civils vont être tués si l'armée syrienne, aidée de son allié russe, poursuit sa vaste offensive, a averti jeudi l'envoyé spécial de l'ONU sur la Syrie, Staffan de Mistura.

"Dans deux mois, deux mois et demi au maximum, à ce rythme, la partie est d'Alep risque d'être totalement détruite", a-t-il dit lors d'une conférence de presse.

"Nous parlons de la vieille ville en particulier, et des milliers de civils syriens vont être tués", a-t-il ajouté, appelant à éviter un autre "Srebrenica".

En quelques jours de juillet 1995, quelque 8.000 hommes musulmans avaient été assassinés par les forces serbes de Bosnie alors qu'ils tentaient de fuir l'enclave où étaient positionnés des soldats néerlandais de l'ONU.

Un cessez-le-feu en Syrie, qui aurait pu mener Moscou et Washington à coordonner leurs frappes aériennes en Syrie, a volé en éclat le 19 septembre, après avoir tenu moins de dix jours.

Le régime de Bachar al-Assad a lancé le 22 septembre une violente offensive avec son allié russe pour reprendre les secteurs rebelles d'Alep, où vivent environ 275.000 personnes assiégées - selon l'ONU -, dans la partie est de cette deuxième ville de Syrie.

Ces bombardements ont tué 376 personnes - dont environ un tiers étaient des enfants - et blessé 1.266 autres, a précisé M. de Mistura. Quelque 200 personnes ont besoin d'être évacuées, a-t-il dit.

Divisée depuis 2012 entre un secteur ouest contrôlé par le régime et des quartiers est aux mains des rebelles, Alep est devenue le principal front du conflit syrien.

L'envoyé spécial de l'ONU a lancé un appel aux combattants de l'organisation jihadiste Front Fateh al-Cham (ex Front Al-Nosra, branche syrienne d'Al-Qaïda), leur demandant de quitter l'est d'Alep. Il a estimé - sans préciser d'où venait ce chiffre - qu'ils étaient environ 900 dans cette partie de la ville.

"Si vous décidez de partir en dignité et avec vos armes (...) je suis personnellement prêt à vous accompagner", a affirmé M. de Mistura, indiquant par ailleurs qu'il y avait au total environ 8.000 combattants dans l'est d'Alep.

Il a aussi demandé au régime syrien et à la Russie de déclarer la suspension des bombardements si cette sortie d'Al-Nosra a lieu.

Les Etats-Unis ont annoncé lundi qu'ils suspendaient leurs pourparlers avec la Russie sur un cessez-le-feu en Syrie, après la destruction totale du plus grand hôpital du secteur rebelle d'Alep dans un bombardement aérien.

La Russie, qui dément régulièrement avoir frappé des hôpitaux et autres cibles civiles, a nié toute responsabilité pour ces bombardements.

Les quartiers est de la ville syrienne d'Alep contrôlés par les rebelles sont désormais classés dans la catégorie "zone assiégée" par l'ONU.

Quelque 861.000 personnes vivent actuellement assiégées dans 18 zones ou localités en Syrie, contre 486.000 en février dernier, a indiqué jeudi Jan Egeland, qui co-préside (aux côtés de Staffan de Mistura) le groupe de travail de l'ONU sur l'aide humanitaire.

apo/mct