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06/10/2016 00:31 EDT | Actualisé 06/10/2017 01:12 EDT

Japon: plus que deux réacteurs nucléaires en service après l'arrêt de Sendai 1

Il ne restait jeudi au Japon que deux réacteurs nucléaires en service sur un parc réduit à 42 unités, après l'arrêt aux premières heures de la matinée de la tranche Sendai 1 pour maintenance.

Depuis l'accident de Fukushima en 2011 et le durcissement des normes, le Japon ne parvient pas à remettre en service ses réacteurs dans les proportions souhaitées par le gouvernement.

L'obligation technique de stopper les unités après 13 mois de fonctionnement fait que les réacteurs relancés l'an passé (en l'occurrence Sendai 1 et 2, dans le sud-ouest) doivent être suspendus dès cette année pour entretien et renouvellement du combustible.

Après Sendai 1 stoppé jeudi, Sendai 2 le sera en décembre et il ne restera plus alors que la tranche Ikata 3 en fonctionnement. Cette dernière est redevenue opérationnelle en septembre.

Le Japon peine à mettre en oeuvre la stratégie du gouvernement qui voudrait réactiver tous les réacteurs jugés sûrs par l'Autorité de régulation, non seulement parce que cela exige le feu vert des élus locaux, pas tous du même avis, mais aussi parce que les anti-nucléaires n'hésitent pas à faire appel à la justice qui a le pouvoir d'empêcher des unités de fonctionner.

C'est ainsi qu'un tribunal a ordonné et obtenu en début d'année l'arrêt de deux tranches, Takahama 3 et 4, qui venaient tout juste d'être réactivées.

Malgré les revers judiciaires et l'opposition d'une majeure partie de la population, le Premier ministre conservateur Shinzo Abe répète régulièrement que le Japon ne peut se passer de l'électricité d'origine nucléaire.

Cependant, l'ambitieuse politique de maîtrise de l'intégralité du cycle nucléaire (de la production du combustible à sa réutilisation dans un surgénérateur) a du plomb dans l'aile.

Outre les difficultés à faire tourner les centrales depuis le drame de Fukushima, le pays n'est pas parvenu à faire fonctionner plus de quelques semaines en deux décennies le surgénérateur de Monju (ouest). Quant à l'usine de recyclage de Rokkasho (nord), en construction depuis 1993, elle n'a toujours pas démarré en raison de dysfonctionnements et de normes plus sévères décidées après 2011. Les tests se poursuivront encore au moins jusqu'à 2018, selon l'exploitant, la société Japan Nuclear Fuel (JNFL).

kap/anb/cr

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