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06/10/2016 18:13 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

Italie-Espagne: pas de maître

L'Italie a survécu à une énorme et rarissime erreur de son gardien Gianluigi Buffon et à une heure de domination de l'Espagne, jeudi à Turin, pour arracher un match nul 1-1, qui laisse le groupe G des qualifications du Mondial-2018 ouvert et passionnant.

Infiniment supérieure pendant plus d'une heure, l'Espagne aurait dû remporter ce choc et prendre sa revanche de l'Euro, quand l'Italie l'avait éliminée dès les huitièmes de finale (2-0).

Une vraie rareté, une erreur de Buffon, le dernier qu'on pensait voir faillir, avait laissé croire une victoire espagnole plausible.

En 164 sélections, le gardien de la Nazionale n'en a pas commis souvent, mais celle de jeudi est spectaculaire: une sortie totalement manquée, qui a offert le but vide à Vitolo (55e), manifestement aussi surpris que les 38 000 spectateurs du Juventus Stadium.

L'Italie, qui doit attendre jusqu'en septembre 2017 pour le match retour en Espagne, a été sauvée grâce au tir de pénalité transformé par De Rossi (82e), après la faute de Sergio Ramos au détriment d'Eder.

L'équipe du nouveau sélectionneur Julen Lopetegui ne repartira donc de Turin qu'avec un seul point, les deux équipes préservant par ailleurs leurs longues invincibilités en éliminatoires de Coupe du monde.

Ce sera « un match important, mais pas décisif », avait annoncé Giampiero Ventura, qui a lui pris les rênes de la Nazionale après l'Euro.

Dans un groupe où l'objectif est d'éviter la deuxième place et les barrages, les deux confrontations directes entre ces deux géants du jeu seront tout de même forcément primordiales, même s'il est sans doute possible de voir l'un ou l'autre abandonner quelques points à l'Albanie, une équipe en progression.

Domination complète

Même si la Nazionale allait alors un peu moins mal, c'était tout de même un petit miracle au vu des 60 ou 70 premières minutes.

L'Espagne dominait alors tellement et était tellement plus forte que l'ouverture aurait pu venir de partout, une inspiration d'Iniesta ou David Silva, une frappe de Diego Costa, une tête de Ramos sur l'un des innombrables corners obtenus par la Roja.

La récompense était pourtant logique car à la pause, l'Espagne affichait une possession de balle de 75 %, avait multiplié les corners et imposé aux Italiens un échec avant terrible qui leur interdisait toute sortie de balle tranquille.

Les Italiens couraient après Iniesta et David Silva qui donnaient l'impression de toucher des milliers de ballons et Pellè, qui ne doit pas souvent croiser en Chine de défenseurs du calibre de Piqué et Ramos, n'était même pas un recours sur les longs ballons.

L'Espagne de Lopetegui était donc presque l'Espagne de toujours. Mais elle a aussi gardé le défaut qui était déjà parfois présent dans ses grandes années de se créer un nombre étonnamment faible d'occasions au regard du temps passé avec le ballon dans les pieds et dans le camp adverse.

C'est cette faiblesse que l'Italie a punie. À l'Euro, elle avait montré à la Roja ce qu'une équipe composée d'individualités moins fortes pouvait faire avec des principes tactiques et une rigueur au-dessus de la moyenne.

Elle l'a encore fait jeudi, mais elle était sans doute encore un peu moins forte que cet été en France et cela ne lui a rapporté qu'un point. Mais le match avec l'Espagne sur la route de la Russie reste ouvert.