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06/10/2016 04:18 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

Espagne: Rajoy veut dialoguer rapidement avec les socialistes

Le chef du gouvernement sortant espagnol, Mariano Rajoy, a affirmé jeudi vouloir une dialogue "le plus tôt possible" et d'une "franchise absolue" avec les socialistes, qui doivent décider s'ils lui permettent ou non de gouverner et évitent un troisième scrutin en un an.

M. Rajoy, qui s'exprimait pour la première fois devant les médias depuis le début de la crise qui a laissé le Parti socialiste (PSOE) sans chef, parlera "dès qu'il pourra" avec Javier Fernandez, à la tête de la commission assurant la direction par intérim du parti.

"La seule chose que je vais lui dire, c'est qu'il faut un gouvernement rapidement en Espagne et qu'aller de nouveau à des élections serait une grande absurdité", a déclaré Mariano Rajoy à des journalistes.

"Je veux un dialogue le plus tôt possible, d'une franchise absolue", a ajouté le chef du gouvernement conservateur sortant, chargé des affaires courantes depuis plus de neuf mois.

Au pouvoir depuis 2011, Mariano Rajoy a promis de n'imposer "aucune condition" au PSOE pour éviter de troisièmes législatives en un an, dont le résultat pourrait selon des sondages favoriser la droite au détriment des gauches, divisées.

Des membres du Parti populaire (PP) de M. Rajoy avaient affirmé qu'une abstention des députés socialistes lors d'un vote d'investiture pourrait ne pas leur suffire, le PSOE devant leur donner davantage de gages de stabilité, comme s'engager à garantir l'approbation du budget de l'Etat au moins jusqu'en 2018.

Le porte-parole du PP au Parlement, Rafael Hernando, leur réclamait ainsi mercredi "une abstention utile", prévenant que "l'utilité ne consiste pas à avoir un gouvernement qui dure un jour, mais un gouvernement qui puisse gouverner".

M. Rajoy a nuancé cette position jeudi, affirmant qu'il n'imposerait "aucune condition" aux socialistes, simplement "qu'ils nous laissent au moins gouverner".

L'ancien leader socialiste, Pedro Sanchez, défendait un "non" inconditionnel au PP jusqu'à être poussé à la démission par des adversaires après plusieurs revers électoraux.

Le PSOE, toujours divisé et en crise, doit maintenant décider s'il revient ou non sur cette position.

Les partis ont peu de temps pour s'entendre: si aucun gouvernement n'est investi le 31 octobre, le Parlement sera automatiquement dissous et de nouvelles législatives auront lieu en décembre.

L'Espagne est dans une situation de blocage politique après neuf mois et deux élections législatives, qui ont débouché sur un Parlement fragmenté entre quatre grands partis incapables de s'entendre: le PP, le PSOE, Podemos (gauche radicale) et Ciudadanos (libéraux).

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