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06/10/2016 04:59 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

Des trésors archéologiques détruits en Irak et Syrie exposés au Colisée

Trois ouvrages d'art détruits ou endommagés en Syrie et en Irak ont été reconstruits à l'identique et présentés jeudi dans le cadre d'exception du Colisée à Rome, pour une exposition ouverte jusqu'au 11 décembre.

Le taureau androcéphale ailé de Nimroud (Irak) ainsi que les archives d'Etat d'Ebla et la moitié du plafond du temple de Bêl à Palmyre (Syrie) ont été détruits ces dernières années par des jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI). Ils ont été reconstruits à l'échelle dans le cadre d'une initiative lancée par l'association "Rencontre de civilisations".

"Cela fait plusieurs années que l'on parle de l'importance d'un engagement, italien et international, dans la protection du patrimoine culturel dans les zones de guerre et cette exposition est un témoignage extraordinaire de ce parcours", a déclaré le chef de la diplomatie italienne, Paolo Gentiloni, lors du vernissage.

Les autorités archéologiques syriennes ont également fait parvenir en Italie deux statues endommagées par l'EI à Palmyre, "une première", selon Francesco Rutelli, président de "Rencontres de civilisations" et ancien maire de Rome. "Cela ne s'était jamais produit auparavant en temps de guerre", a-t-il assuré, évoquant "un corridor (humanitaire) pour les biens culturels".

Ces deux sculptures seront restaurées en Italie après l'exposition et renvoyées en Syrie. La reconstruction des trois autres trésors archéologiques a été réalisées grâce à des techniques modernes, avec l'utilisation d'imprimantes 3D, avec l'idée de démontrer la faisabilité du projet puis, un jour, organiser une reconstruction sur place.

Il a cependant fallu déjà près de quatre mois de travail pour les quelques mètres carrés du temple de Bêl, a expliqué à l'AFP l'architecte Matteo Fabbri, un des associés de l'entreprise italienne TryeCo qui a réalisé la reconstruction. "Normalement avec un scanner en 3D, on fait ce travail beaucoup plus rapidement mais ici, nous avons dû travailler avec de vieilles photos et des témoignages", dit-il.

"Une fois réalisée la maquette, c'était relativement facile. Nous avons fabriqué le plafond avec une résine spéciale puis il a été +vieilli+ de manière artisanale. En un mois, cette phase a été achevée", a conclu M. Fabbri.

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