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06/10/2016 05:10 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

Des proches d'Afghans tués par des frappes de l'Otan déboutés par la justice allemande

La Cour fédérale allemande de Karlsruhe (sud) a rejeté jeudi la plainte de proches de civils tués par un raid aérien de l'Otan en Afghanistan en 2009, qui réclamaient quelque 90.000 euros de dommages et intérêts à l'Allemagne.

La juridiction suprême allemande a estimé dans un arrêt que le colonel allemand Georg Klein, à l'origine de cette frappe, avait "épuisé toutes les possibilités de vérification" de la présence de civils sur les lieux du bombardement et que cette décision militaire était donc conforme au droit international.

L'ordre de bombarder avait été donné après qu'un informateur eut confirmé à sept reprises, lors de discussions téléphoniques distinctes, qu'aucun civil n'était présent sur les lieux.

La Cour fédérale a également estimé que le gouvernement allemand ne pouvait être tenu pour responsable d'actions commises dans le cadre des missions à l'étranger de la Bundeswehr.

En conséquence, elle a débouté les plaignants, un père de famille qui demandait 40.000 euros après la mort de deux de ses enfants dans cette frappe aérienne, et une veuve mère de six enfants qui réclamait 50.000 euros.

La frappe aérienne, le 4 septembre 2009 près de Kunduz (nord-est), avait fait plus de 90 morts et des blessés, mais le nombre de civils tués reste incertain.

A la demande du commandement allemand dans le nord de l'Afghanistan, des avions américains de l'Otan avaient bombardé deux camions-citernes volés par des talibans. Le colonel Klein craignait que les insurgés n'en fassent des bombes roulantes.

Berlin avait tenté de minimiser l'affaire avant qu'elle ne tourne au scandale, entraînant notamment la démission du ministre de la Défense de l'époque, Franz Josef Jung.

Ce bombardement avait été présenté par la chambre des députés allemands comme "un des plus graves incidents impliquant l'armée allemande depuis la Seconde guerre mondiale".

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