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06/10/2016 04:54 EDT | Actualisé 07/10/2017 01:12 EDT

Cuba/États-Unis, des retrouvailles amicales, historiques et... inégales

Après la diplomatie et le baseball: le football. Pour la première fois depuis sept décennies, Cuba et les États-Unis vont disputer vendredi un match amical à La Havane, un évènement historique qui pourrait malheureusement virer à l'humiliation pour la sélection cubaine.

Depuis fin 2014, les ex-ennemis de la Guerre Froide multiplient les gestes de rapprochement. Les relations diplomatiques, le courrier direct, les croisières et les liaisons aériennes régulières ont été rétablies entre ces pays dont les côtes sont seulement séparées de 200 km.

En mars dernier, le président Barack Obama avait assisté avec Raul Castro à une rencontre de baseball qui avait couronné cette première visite d'un président américain sur l'île depuis 88 ans.

La Ligue majeure de baseball (MLB) a organisé des stages et a de nombreux projets à Cuba, tout comme la NBA, la Ligue nationale de basket-ball, tandis que le club de football du New York Cosmos s'était rendu sur l'île en juin 2015 pour affronter, déjà, l'équipe nationale cubaine (4-1).

Vendredi à 16h00 (20H00 GMT), c'est la sélection américaine de Jürgen Klinsmann qui viendra défier les Cubains lors d'un premier match amical disputé entre les deux pays depuis 1947, date de la dernière victoire des Cubains face aux Américains (5-2).

"Team USA", qui prépare le dernier tour des qualifications de la Concacaf en vue de la Coupe du Monde 2018, prendra la rencontre au sérieux. Mais l'affaire s'affiche déséquilibrée, entre le 22e au classement Fifa et le 139e.

Ce match, comme celui du 11 octobre prochain contre la Nouvelle-Zélande, est "très important car ce sera la dernière fois que nous pourrons voir les joueurs avant de prendre une décision sur les 23 qui disputeront les chocs face au Mexique et au Costa Rica", a prévenu le sélectionneur allemand avant de s'envoler pour Cuba.

- Encore une "goleada"? -

Côté cubain, la popularité grandissante du football au détriment du baseball, longtemps considéré comme le sport roi sur l'île, ne se traduit pas encore en résultats sur la scène internationale, faute d'un système de formation efficace et d'un championnat professionnel.

Aujourd'hui, les jeunes ont troqué battes et gants pour des ballons, des clubs de supporters ont été créées autour du Real Madrid ou du FC Barcelone, mais la sélection reste enlisée dans les mauvais résultats qui l'ont déjà exclue des éliminatoires de la Coupe du monde.

"On doit être réaliste, la sélection des États-Unis traverse une période enviable. Pour nous un nul ou une défaite sur un petit score serait un bon résultat", admet le novice Raul Mederos, récemment nommé au chevet d'une sélection jeune et en constant renouvellement.

"Nous avons perdu beaucoup de joueurs: certains désertent (...) d'autres décident d'abandonner ou de travailler", regrettait récemment le capitaine de la "seleccion" Daniel Saez, 22 ans, au micro de Radio Habana.

L'historique des confrontations entre les deux pays n'est de fait pas favorable aux Cubains, qui sur les 11 dernières confrontations face à "Team USA" ont toujours perdu à l'exception d'un match nul et de la victoire de 1947.

"Pour moi, le Mexique est la meilleure équipe de la région, mais nous jouons mieux contre eux que face aux Etats-Unis. J'ignore quel est leur secret de jeu qui fait qu'ils nous écrasent presque à chaque fois", confie Daniel Saez.

Dans leur antre décati de Pedro Marrero, les Cubains pourraient bien encore subir vendredi ce qu'ils appellent une "goleada". Car rien ne permet pour l'instant d'imaginer que Klinsmann, visiblement très concentré sur la préparation de ses joueurs, soit enclin à concéder aux Cubains un score diplomatique.

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