NOUVELLES
06/10/2016 01:02 EDT | Actualisé 06/10/2017 01:12 EDT

Andorre: "un nul pour nous, c'est comme gagner la Coupe du Monde"

Stade communal d'Andorre-la-Vieille. 21 heures, un lundi soir, la sélection andorrane s'entraîne sous un éclairage blafard. Comme un club amateur. A un détail près: vendredi, elle affronte les champions d'Europe portugais dans le cadre des qualifications pour le Mondial-2018.

Ici, pas de huis clos. L'échauffement commence sous les yeux des membres du club local d'athlétisme ou de roller qui sortent des vestiaires après leur entraînement, dans ce stade encaissé entre les montagnes et surplombé par un camping.

A part Max Llovera, qui joue à Lérida en troisième division espagnole, ou Marc Vales, qui évolue en première division finlandaise au SJK, tous les internationaux andorrans sont amateurs.

Si certains jouent pour le FC Andorra, meilleur club de la principauté qui évolue dans le championnat régional de Catalogne après avoir été en troisième division espagnole jusqu'à la fin des années 1990, la plupart ne quittent pas les frontières du petit état pyrénéen de 85.000 habitants.

Et le week-end, leur terrain de jeu n'est donc pas la Liga ou la Premier League comme les stars des sélections qu'ils affrontent mais la pelouse où s'enchaînent à chaque journée de championnat les rencontres entre les huit équipes de la première division andorrane, faute d'un nombre suffisant de stades en Andorre.

Mais trêve de folklore pour les Andorrans, qui ne veulent plus être présentés comme une équipe d'amateurs composée de mécaniciens ou d'agents d'assurance. La Fédération refuse d'ailleurs désormais catégoriquement de communiquer les professions des joueurs.

"C'est la vie personnelle des joueurs. Moi la seule chose qui m'intéresse, c'est ce qu'ils font sur le terrain", martèle le sélectionneur Koldo Alvarez, ancien gardien emblématique de l'équipe d'Andorre. "Ils ne sont pas tous professionnels, c'est vrai mais leur force c'est de garder les pieds sur terre et lorsqu'ils sont en sélection, de se comporter comme d'authentiques professionnels".

- Une seule victoire contre la Macédoine -

Mais pour la 203ème nation au classement Fifa, le fossé reste vertigineux quand il s'agit de jouer face au Portugal de Cristiano Ronaldo ou au Pays de Galles de Gareth Bale. Sauf en matière d'amour du maillot où les Andorrans n'ont de leçons à recevoir de personne.

"C'est une fierté de défendre ton pays, ton peuple", souligne Jordi Alaez, étudiant en formation professionnelle de sport et grand espoir du foot andorran à 18 ans.

"Notre pays est très petit et on comprend tout de suite à quel point il est difficile de jouer contre de grands champions. Mais c'est une fierté du coup de lutter sur le terrain pour faire en sorte que la différence entre eux et nous se réduise", abonde Ildefons Lima, 36 ans, meilleur buteur de la sélection (10 buts en 100 sélections) qui a notamment écumé durant sa longue carrière les championnats espagnol et italien en deuxième ou troisième division.

Depuis ses premiers matchs officiels en 1998, les seuls faits d'armes de l'Andorre, qui ne s'est jamais qualifiée pour une compétition internationale, sont une victoire face à la Macédoine en 2004 (1-0) et deux nuls face à la Macédoine encore (0-0) et la Finlande (0-0) lors des qualifications pour le Mondial-2006.

Au delà de ces cinq points, les seuls jamais glanés par les Andorrans, la courte défaite face à la France (0-1) en 1999 après un penalty de Franck Leboeuf dans les dernières minutes figure aussi en bonne place dans leur légende...

Et l'objectif de ces qualifications est donc de faire au moins un match nul. "Car si on pense à ce que nous sommes, gagner un point pour nous c'est comme gagner la Coupe du monde", sourit Ildefons Lima.

mg/