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05/10/2016 02:29 EDT | Actualisé 05/10/2016 02:31 EDT

Quand une agence de mannequins veut faire taire les préjugés

Le 12 septembre, Anniesa Hasibuan a écrit une page d'histoire en devenant la première créatrice à envoyer tous ses modèles sur le podium vêtus de hijabs, lors de la Semaine de la mode de New York.

Un par un, les tops ont défilé vêtus de jupes et de pantalons qui tombaient jusqu'au sol, de blouses lâches et luxueuses, et de foulards enroulés autour de leurs têtes.

Mais les créations d'Anniesa Hasibuan ne se sont pas seulement démarquées car ces modèles portaient un hijab. Elles sont sorties de l'ordinaire, car ce défilé était un des seuls où les mannequins étaient habillées sobrement.

Depuis les trois dernières années, une agence se bat à New York pour montrer que ni l'islam et la mode, ni la sobriété et la mode ne sont incompatibles.

L'idée d'Underwraps, l'agence de mannequins qui se spécialisent dans les modèles habillés modestement, est née de l'idée de la designer Nailah Lymus en 2008, alors qu'elle travaillait dans les coulisses des défilés de mode.

«J'ai eu beaucoup d'expérience pratique et des conversations avec des mannequins, et à la suite de ces conversations, j'ai appris que beaucoup d'entre eux ne sont pas très à l'aise avec le fait de ne pas avoir leurs mots à dire dans ce qu'ils portent», a-t-elle déclaré au cours d'une entrevue. «Ils ne voulaient pas parler pour ne pas perdre leur argent. Je trouvais ça si malheureux. C'est une industrie glamour et de carrière, et il y a tellement de filles qui sacrifient leur confort pour ce mode de vie».

Nailah Lymus, qui est musulmane et qui porte le hijab, a tenté de comprendre ce conflit. Ne devrait-il pas y avoir un moyen de trouver un équilibre?

Elle crée Underwraps en 2013 avec l'espoir d'attirer les modèles qui voulaient poursuivre leur carrière, mais ne pouvaient pas à cause de leurs orientations religieuses ou de leurs goûts, ainsi que les modèles qui souhaitaient avoir leur propre voix sur ce qu'ils portaient sur un podium ou lors d'une séance photo.

Jusqu'à présent, elle a signé 7 modèles.

«L'objectif était de détruire beaucoup de stéréotypes, a déclaré Nailah Lymus. Comment puis-je utiliser cette plateforme en restant dans le milieu de la mode, et en apportant un certain niveau de conscience et de consternation face aux stéréotypes? Je sens que c'est un travail à accomplir. À l'heure actuelle, nous avons un modèle juif, deux modèles chrétiens, et des modèles musulmans».

Retrouvez la suite de l'interview en anglais de Nailah Lymus sur le Huffington Post Canada.

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Galerie photo Le défilé d'Anniesa Hasibuan à la Semaine de mode de New York Voyez les images