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04/10/2016 06:25 EDT | Actualisé 04/10/2016 06:29 EDT

Cinq choses à savoir sur Wikileaks et son fondateur Julian Assange

De la diffusion de centaines de milliers de câbles diplomatiques, son principal fait d'armes, aux ennuis judiciaires de son fondateur Julian Assange, voici cinq choses à savoir sur Wikileaks, qui fête ses dix ans mardi.

» 10 millions de documents

28 novembre 2010 : Wikileaks donne des sueurs froides au corps diplomatique américain en publiant des dizaines de milliers de câbles diplomatiques, avec l'aide de cinq grands journaux internationaux (New York Times, Guardian, Spiegel, Le Monde, El Pais). C'est le "cablegate", une fuite de plus de 250 000 documents secrets révélant les dessous de la diplomatie américaine, après laquelle le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, deviendra l'ennemi public numéro un aux Etats-Unis.

ONG fondée sur une technologie de cryptage permettant de mettre en ligne des documents compromettants sans être identifié, Wikileaks s'est fait connaître du grand public en 2009 avec la publication de centaines de milliers de messages de bipeurs envoyés aux Etats-Unis le 11 septembre.

Il est ensuite allé crescendo dans ses révélations, publiant la vidéo d'une bavure de l'armée américaine en Irak (un raid qui a notamment provoqué la mort de deux employés de Reuters), puis des milliers de documents militaires sur l'Afghanistan.

Au total, ce sont plus de 10 millions de documents qui ont été dévoilés dans la finance, le divertissement (Sony Pictures) ou la politique.

» Controversé

A ses débuts, Wikileaks, fruit d'une collaboration internationale entre mathématiciens, notamment des dissidents chinois, visait les régimes répressifs en Asie, dans l'ex-bloc soviétique, en Afrique sub-saharienne et au Proche-Orient. Mais en dix ans d'existence, la plupart des révélations ont été faites au détriment des Etats-Unis et souvent au bénéfice de la Russie, comme l'a souligné le New York Times.

La Russie est notamment soupçonnée d'être à l'origine de la fuite d'emails internes au parti démocrate, révélant un possible biais des responsables en faveur d'Hillary Clinton, publiés par Wikileaks cet été. Le site a également révélé des affaires d'espionnages d'alliés des Etats-Unis (présidents français, chancelière allemande...)

Julian Assange est en outre régulièrement invité de la chaîne pro-Kremlin Russia Today (RT) sur laquelle il a présenté une série d'émissions.

Ces prises de position controversées s'ajoutent à des critiques concernant la mise en danger des personnes dont le site révèle l'identité, au nom de la transparence.

Au fil des ans, plusieurs médias et personnalités ont ainsi pris leur distance, même si Julien Assange assure travailler avec "plus de 110 organisations médiatiques" dans le monde. L'ancien numéro deux du site, Daniel Domscheit-Berg, a notamment claqué la porte reprochant au fondateur d'être obsédé par le pouvoir.

» Mandat d'arrêt

Difficile de dissocier Wikileaks de son charismatique fondateur, Julian Assange. Génie persécuté pour les uns, manipulateur paranoïaque pour les autres, l'Australien de 45 ans est sous le coup d'un mandat d'arrêt émis par la Suède dans le cadre d'une enquête pour viol remontant à août 2010, des accusations qu'il réfute.

Pour éviter l'extradition vers la Suède, puis éventuellement, les Etats-Unis, l'ancien hacker est réfugié depuis 2012 à l'ambassade d'Équateur à Londres. En début d'année, un comité de l'ONU a jugé sa détention arbitraire et demandé sa libération, une décision non contraignante.

» Snowden et Manning

Le "cablegate" n'aurait pas été possible sans le militaire transsexuel Chelsea Manning, anciennement Bradley Manning, la taupe de Wikileaks qui a transmis plus de 700 000 documents confidentiels au site. En août 2013, elle a été condamnée à 35 ans de prison par une cour martiale, qu'elle purge dans une prison militaire dans des conditions d'isolement maximum. Elle a fait appel.

Un autre lanceur d'alerte, Edward Snowden, ex-employé de la NSA à l'origine de révélations sur des programmes de surveillance de masse, a bénéficié du soutien actif de Wikileaks, bien qu'il n'ait pas choisi le site pour se confier. Julian Assange l'a très vite pris sous son aile, lui recommandant de s'exiler à Moscou pour échapper à la justice américaine.

» Hollywood

Hollywood s'est emparé du phénomène Wikileaks avec le film "Le cinquième pouvoir" (The Fifth Estate) réalisé par Bill Condon en 2013 et produit par Dreamworks. Un documentaire présenté à Cannes cette année, "Risk", revient aussi sur l'histoire du site. Sa réalisatrice Laura Poitras avait été oscarisée pour "Citizenfour" retraçant l'histoire d'Edward Snowden. Julian Assange a par ailleurs joué son propre rôle dans un épisode des Simpsons et inspiré un personnage du 36e album d'Astérix, "Le Papyrus de César", Doublepolemix.

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