POLITIQUE
03/10/2016 10:00 EDT | Actualisé 04/10/2016 12:06 EDT

Débat Le Devoir pour la chefferie du PQ : Ouellet refuse de se rallier à la démarche référendaire du prochain chef (VIDÉO)

QUÉBEC – Martine Ouellet a refusé de se rallier à la démarche référendaire du prochain chef du Parti québécois, au terme d’un débat organisé lundi soir par le quotidien Le Devoir.

Les quatre candidats à la chefferie étaient réunis au Musée de la civilisation de Québec pour débattre sur la culture et l’éducation devant plus de 300 personnes. La joute a permis de discuter d’enjeux de fond, sans trop d’accrochages.

Dans son mot de la fin, Jean-François Lisée a invité sa collègue Martine Ouellet à travailler à mettre en œuvre la démarche référendaire du prochain chef. Tous les autres candidats ont déjà pris cet engagement, a-t-il souligné.

Au cours du point de presse qui a suivi, Martine Ouellet a plutôt affirmé qu’elle continuera à mener le débat afin que le PQ promette un référendum dans un premier mandat lors de la campagne électorale de 2018.

Jean-François Lisée propose plutôt de tenir un débat dans un second mandat, tandis qu’Alexandre Cloutier annoncera sa position six mois avant les prochaines élections.

«Je ne renierai pas mes convictions, a martelé Martine Ouellet. Il y a toujours eu de la place au Parti québécois — moi ça fait 30 ans que je suis au Parti québécois —, il y a toujours eu de la place pour les débats.»

Elle entend malgré tout se rallier au chef, tout en poursuivant le «débat d’idées».

De son côté, Jean-François Lisée a déploré l’attitude de sa collègue. «Je pense qu’il ne serait pas approprié qu’un candidat qui a perdu la course décide de continuer de faire la promotion de son idée jusqu’au congrès puisque 70 000 personnes vont avoir pris cette décision», a-t-il dit au sujet des électeurs péquistes qui commenceront à voter mercredi matin.

L’aspirant-chef a toutefois précisé que la députée ne s’exposerait à «aucune» sanction si elle devait continuer à promouvoir sa démarche référendaire sous sa gouverne.

Identité et immigration

Au cours du débat, les positions les plus contrastées ont porté sur l'identité et l'immigration.

Sur l'immigration d’abord, Jean-François Lisée a estimé que le seuil de 50 000 immigrants, qu'il juge trop élevé pour favoriser l'intégration, a été établi par les libéraux pour des «motifs politiques».

«[Les libéraux] se sont mis comme l’interface entre les nouveaux arrivants et la vie politique québécoise, a précisé Jean-François Lisée au cours du point de presse qui a suivi. Parce qu’ils veulent les intégrer dans leur famille politique.»

Concernant les enjeux de laïcité, il a accusé Alexandre Cloutier d'adopter la même stratégie que le premier ministre Philippe Couillard lorsqu'il insiste sur l'importance d'aborder le sujet avec délicatesse.

«Dire que ça va effrayer les communautés culturelles parce qu'on veut une société laïque, c'est mal les connaître», a-t-il dit.

Sans nommer son adversaire, Alexandre Cloutier a affirmé qu'il fallait éviter la division avec cet enjeu, dont la discussion doit éviter les «amalgames» et les «raccourcis».

«On n'a pas besoin d'une ligne de fracture sur ces enjeux-là», a-t-il dit.

Alexandre Cloutier a affirmé que personne n'avait suggéré de réduire à 40 000 le nombre d'immigrants lors des derniers travaux sur le sujet à l'Assemblée nationale.

Selon lui, réduire les seuils est une «réponse facile».

C’est le moins connu des candidats, Paul St-Pierre Plamondon, qui semble avoir marqué les points les plus importants au cours de la soirée. Quatrième selon les sondages, le candidat de 39 ans a été applaudi de nombreuses fois.

PSPP a notamment causé la surprise en se disant en faveur d’une interdiction du voile intégral dans l’espace public. «Il faut pouvoir identifier les gens», a-t-il argué, avant d’être applaudi par les militants dans la salle. Il en va du «vivre-ensemble» et de la capacité des autorités de faire leur travail, estime le candidat.

Par ailleurs, les candidats Lisée et Cloutier se sont échangé quelques pointes au sujet du poste de ministre de l’Éducation dans un éventuel gouvernement péquiste. Jean-François Lisée a rappelé que quatre ministres se sont succédé à ce poste depuis le début du mandat de Philippe Couillard. «Si je suis premier ministre, il y en aura un, et il va y en avoir un très, très bon», a-t-il lancé en pointant son adversaire, suscitant les rires de la salle.

Avec La Presse canadienne

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