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02/10/2016 10:23 EDT | Actualisé 03/10/2017 01:12 EDT

Municipales en Bosnie sur fond de tensions intercommunautaires

Les Bosniens ont voté dimanche pour élire leurs maires lors d'un scrutin sous tension intercommunautaire, marqué par un incident entre Bosniaques musulmans et Croates dans le sud du pays.

Une bagarre a éclaté dans la petite ville de Stolac, non loin de Mostar, quand un candidat bosniaque, se plaignant de fraudes, s'en est pris violemment pris à un Croate qui supervisait le scrutin, a indiqué la commission électorale nationale, Ahmet Santic.

Trois personnes ont été légèrement blessées et le scrutin a été annulé dans cette ville de 14.500 habitants, que se partagent Croates et Bosniaques.

Dans la plupart des quelque 140 communes, les listes proposées aux quelque 3,2 millions d'électeurs se sont bâties sur des bases communautaires.

Velika Kladusa (40.000 habitants, nord-ouest) pourrait être dirigée par un criminel de guerre, Fikret Abdic, 77 ans, un ancien potentat bosniaque musulman, qui a recouvré la liberté en 2012, après avoir purgé les deux tiers d'une peine de 15 ans prison.

Le souvenir de la guerre a également pesé sur le vote à Srebrenica, ville-symbole de l'est où candidats serbe et bosniaque étaient aux prises. Une victoire du candidat serbe serait vécue comme un affront pour les musulmans, 21 ans après le massacre de quelque 8.000 d'entre eux en 1995. "Je m'attends à la victoire", a assuré à l'AFP le candidat musulman et maire sortant Camil Durakovic.

Les divisions intercommunautaires sont encore à blâmer pour l'absence de vote à Mostar (sud), divisée entre Bosniaques et Croates et dont les principales formations, le SDA et le HDZ, ne sont pas parvenues depuis six ans à un compromis pour organiser le scrutin.

Les chefs politiques des Serbes de Bosnie comme des Bosniaques, Milorad Dodik et Bakir Izetbegovic, ont mené des campagnes agressives, usant de la rhétorique nationaliste.

Le scrutin municipal s'est déroulé une semaine après un référendum organisé par les Serbes de Bosnie qui ont décidé de continuer à fêter leur propre "fête nationale", malgré le veto de la justice et l'émoi des Bosniaques.

L'accord de Dayton, qui a mis fin à la guerre (1992-95, 100.000 morts), a consacré la division de la Bosnie en deux entités, serbe et croato-musulmane, reliées par un faible gouvernement fédéral.

A Banja Luka (nord), la capitale de la Republika Srpska, Milorad Dodik, qui dirige cette entité des Serbes bosniens, joue gros: son candidat est menacé par celui de l'opposition serbe. Cela fait 19 ans que le parti de Dodik (SNSD) dirige cette ville et une défaite l'affaiblirait.

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