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02/10/2016 15:25 EDT | Actualisé 03/10/2017 01:12 EDT

Les partisans de l'accord de paix subissent un cuisant revers en Colombie

BOGOTA — Contre toutes attentes, la paix signée entre le gouvernement colombien et les rebelles du FARC est sur le point de s'effondrer alors que les opposants à l'entente détiennent une mince priorité, selon des résultats presque complets au référendum.

Les sondages prédisaient pourtant une victoire écrasante du camp du «oui», certains se prononçant pour un raz-de-marée qui atteindrait une proportion de 2 contre 1.

Mais, alors que plus de 99 pour cent des boîtes de scrutin ont été dépouillées, le «non» obtient l'appui de 50,2 pour cent des électeurs contre 49,8 pour cent. L'écart entre les deux camps n'atteint même pas 63 000 votes sur plus de 13 millions de suffrages exprimés.

Les quelque 34,9 millions d'électeurs étaient appelés à répondre à la question: «Soutenez-vous l'accord final d'achèvement du conflit et de construction d'une paix stable et durable?»

La défaite surprenante des partisans du «oui» soulève des questions sur l'avenir de l'accord de paix. Elle représente une véritable gifle infligée au président Juan Manuel Santos, qui avait été élu en 2010 après avoir promis de mettre un terme à un conflit vieux d'un demi-siècle qui a fait 220 000 morts et près de 8 millions de déplacés.

L'opposition à l'accord, mené par l'influent Alvaro Uribe, un ancien président, soutenait que le gouvernement avait trop cédé au FARC, donnant ainsi un mauvais exemple dont pourraient tirer profit les bandes criminelles. Si le non l'emporte, avait souligné M. Uribe, le gouvernement devra retourner à la table des négociations. M. Santos a déjà rejeté cette idée.

De son côté, le FARC a fait parvenir un message énigmatique dans lequel il ne fait pas mention de ses plans pour l'avenir.

«L'amour que nous ressentons dans nos coeurs est gigantesque. Nos mots et nos actions nous permettront d'aboutir à la paix», ont écrit les rebelles sur Twitter.

La campagne très polarisée a démontré que le gouvernement avait un grand défi à relever s'il voulait mettre en vigueur l'accord de 297 pages. Une grande majorité de Colombiens détestent le FARC. Selon plusieurs opposants, le fait de ne pas emprisonner les rebelles était une insulte pour les victimes du conflit.

Le faible pourcentage — inférieur même au taux de 40 pour cent constaté lors des récentes élections législatives — a sans doute nui au gouvernement. Certains analystes la perçoivent comme un signe du manque d'enthousiasme de la population envers l'accord de paix.

De plus, la participation a été particulièrement affectée, le long de la côte de la mer des Caraïbes, là où l'appui au gouvernement était le plus fort, par des pluies torrentielles dans le sillage de l'ouragan Matthew. Certains bureaux électoraux n'ont même pas pu être installés dans la péninsule de La Guajira.