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02/10/2016 08:33 EDT | Actualisé 03/10/2017 01:12 EDT

Les employés de centres jeunesse sont à bout de souffle, selon la CSN

MONTRÉAL — Les employés de centres jeunesse au Québec disent être ensevelis de tâches administratives, ce qui nuit à leur travail auprès des jeunes, selon une nouvelle étude de la Confédération des syndicats nationaux (CSN).

La CSN a dévoilé dimanche matin les résultats d'une consultation auprès de plus de 1934 intervenants des centres jeunesse de partout au Québec, qui seraient «à bout de souffle et en détresse» en raison du sous-financement dans le réseau.

Selon l'étude, seulement 5 pour cent des intervenants disent pouvoir répondre «adéquatement et en temps utile» aux jeunes dans le besoin et 71 pour cent d'entre eux expliquent ce décalage par la lourdeur des tâches administratives.

Julie Hamilton, présidente du syndicat des employés du centre jeunesse de Laval, a expliqué que les centres jeunesse avaient été restructurés en 2010, ce qui a mené à l'abolition d'un poste sur deux dans l'administration. Encore l'année dernière, le réseau a dû éponger des coupes de 20 millions $, selon la CSN.

Or, ces tâches administratives existent toujours et ce sont les intervenants qui doivent les faire au détriment de leur travail avec les jeunes alors que les signalements sont constamment en hausse, a soutenu Mme Hamilton.

Seulement à Laval, il y a eu une augmentation de 10 pour cent des signalements à la Protection de la jeunesse, a révélé la présidente de syndicat.

«Quand on parle de formulaires administratifs à remplir, ça va jusqu'aux commandes de nourritures dans les unités, aux commandes de sous-vêtements et aux portes qu'il faut réparer. Tout ça, c'est fait par des intervenants qui, pendant ce temps-là ne sont pas avec les jeunes», a déploré Mme Hamilton en entrevue téléphonique.

La CSN réclame des États généraux pour mettre en lumière les problèmes dans les centres jeunesse, qui sont présents à tous les niveaux, selon Mme Hamilton.

Elle reproche d'ailleurs gouvernement de ne pas s'intéresser à l'enjeu des centres jeunesse à l'exception des cas médiatisés.